Une coupole faite de 645 mouettes d'acier inoxydable brille sur la colline du mont Scott, visible depuis le pont des navires qui entrent dans la rade. Chaque oiseau représente un marin du HMAS Sydney II, disparu corps et biens au large de cette côte en novembre 1941. Geraldton, à 425 kilomètres au nord de Perth, accueille ses visiteurs avec cette image forte : une ville de soleil et de vent, tournée vers l'océan Indien, qui n'a jamais oublié les siens.
Du port au centre-ville
Les navires accostent dans le port en activité, à courte distance du cœur de la ville. Selon les arrivées, on rejoint le centre à pied ou par une navette de quelques minutes. La promenade aménagée du bord de mer, avec ses aires de jeux, ses sculptures et ses cafés, relie le secteur portuaire aux rues commerçantes. L'air sent le sel et les embruns; les habitants surnomment leur ville « Sun City » pour son ciel dégagé la majeure partie de l'année.
Le mémorial du HMAS Sydney II
Sur le mont Scott, le mémorial national rend hommage aux 645 membres d'équipage du croiseur perdu lors de son combat contre le corsaire allemand Kormoran. Sous le dôme de mouettes, une statue de femme scrute l'horizon, attendant un retour qui n'a jamais eu lieu. Deux bollards du port, sur lesquels le navire s'était amarré avant son dernier départ, complètent le site. Des guides bénévoles offrent des visites commentées en matinée, et le point de vue embrasse toute la rade. La visite se fait à voix basse; même les groupes les plus bavards baissent le ton en approchant du dôme.
Le musée et les épaves de la côte
En contrebas, sur le front de mer, le musée de Geraldton raconte l'autre grande histoire maritime de la région : celle du Batavia, navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales fracassé en 1629 sur les récifs des îles Abrolhos, à environ 60 kilomètres au large. Mutinerie, naufrage et survie composent un récit digne d'un roman, appuyé par des objets remontés des fonds. Une galerie évoque aussi la découverte des épaves du Sydney et du Kormoran, localisées par plus de 2 000 mètres de fond en 2008.
Une cathédrale pas comme les autres
À quelques rues du rivage, la cathédrale Saint-François-Xavier surprend par ses rayures orangées, ses coupoles et sa géométrie audacieuse. Elle est l'œuvre de John Hawes, prêtre et architecte arrivé d'Angleterre en 1915, qui a semé dans la région une série d'églises au style singulier. L'intérieur, baigné d'une lumière douce, vaut le détour même pour les visiteurs pressés.
Le rendez-vous des vents
Revenu au niveau de la mer, on reprend son souffle sur l'esplanade, entre plages claires et pelouses. Geraldton est réputée dans toute l'Australie pour ses vents thermiques d'après-midi, qui font le bonheur des adeptes de planche et de cerf-volant de traction : par temps favorable, leurs voiles multicolores strient l'horizon. Les cafés de l'esplanade servent poissons de la côte et cappuccinos soignés, et les terrasses se remplissent d'habitants venus profiter d'un ensoleillement qui figure parmi les plus généreux du pays.
Repères pour l'escale
| Élément | Détail |
|---|---|
| Accostage | Quai commercial près du centre; navette ou marche selon les opérations du port |
| Distances | Mémorial du mont Scott à environ 2 km du front de mer; musée et cathédrale accessibles à pied |
| Excursions | Survol des îles Abrolhos ou route des fleurs sauvages en saison (hiver et printemps austral) |
| À prévoir | Coupe-vent léger : la brise de mer se lève souvent en après-midi |
Beaucoup d'escales australiennes misent sur leurs plages. Geraldton, elle, touche par sa mémoire. On repart avec l'image de cette femme de bronze face à l'océan, et celle d'une communauté qui a transformé son deuil en un lieu d'une grande dignité. Le navire reprend la mer sur une côte encore sauvage, où chaque récif garde ses histoires.


