Des iguanes se prélassent au milieu de la place centrale, indifférents aux passants qui photographient leurs écailles. Le parc Seminario, en plein cœur de Guayaquil, donne le ton de la plus grande ville de l'Équateur : exubérante, tropicale, imprévisible. Face à la cathédrale néogothique, ces reptiles paisibles rappellent que les Galápagos ne sont pas loin, et que c'est souvent d'ici que l'on s'y envole.
Arriver par le fleuve
Guayaquil s'étire le long du Guayas, large fleuve café au lait qui descend vers le Pacifique. Selon les navires et les marées, l'accostage se fait aux installations portuaires au sud de l'agglomération, à une dizaine de kilomètres du centre, ou par transbordement vers les pontons du Malecón. Dans les deux cas, prévoyez un transport organisé ou un taxi pour rejoindre le cœur urbain : la circulation est dense et la chaleur, constante, invite à économiser ses forces.
Le Malecón 2000, colonne vertébrale de Guayaquil
La promenade riveraine du Malecón Simón Bolívar, réaménagée au tournant du millénaire, a redonné aux habitants le goût de leur rive. Elle déroule deux kilomètres et demi de jardins, de placettes et de musées le long de l'eau. On y marche à l'ombre des arbres, entre les fontaines et les aires de jeux, avec le va-et-vient des embarcations en toile de fond. À mi-parcours se dresse La Rotonda, monument où se serrent la main Simón Bolívar et José de San Martín, en souvenir de leur unique rencontre, tenue à Guayaquil en 1822, au moment où se jouait l'indépendance du continent. L'extrémité nord réunit un jardin botanique surélevé, un cinéma IMAX et le musée d'anthropologie et d'art contemporain. En chemin, le Palacio de Cristal, ancien marché de structure métallique reconverti en salle d'exposition, rappelle l'époque où le cacao équatorien, embarqué sur ces quais, faisait la fortune du pays.
Las Peñas, le berceau d'avant les incendies
Au bout du Malecón, le quartier de Las Peñas accroche ses maisons de bois peintes de couleurs vives aux flancs du cerro Santa Ana. Le secteur fut épargné par les grands incendies qui ont ravagé le reste de la cité. L'escalier numéroté du cerro compte 444 marches; les paliers ménagent des pauses entre cafés, galeries et balcons fleuris. Au sommet, un phare et une petite chapelle dominent l'enchevêtrement des toits, la courbe du fleuve et, par temps clair, les plantations qui s'étendent à perte de vue. La montée demande un effort en climat équatorial : partez tôt, emportez de l'eau et prenez les paliers comme autant de prétextes à regarder derrière vous.
Repères pratiques
| Repère | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Accostage | Port commercial au sud ou transbordement vers le Malecón selon le navire |
| Malecón 2000 | Promenade de 2,5 km au centre, point de départ idéal |
| Cerro Santa Ana | 444 marches, phare et panorama au sommet |
| Climat | Chaleur humide toute l'année, eau et chapeau recommandés |
Saveurs du littoral équatorien
La table locale mérite qu'on lui réserve un moment. L'encebollado, bouillon de thon aux oignons rouges et au manioc, se mange à toute heure; le ceviche de crevettes rappelle que la ville vit aussi de ses bassins d'élevage; le patacón, banane plantain écrasée et frite, accompagne tout. Les restaurants de la promenade et de Las Peñas en proposent des versions soignées, à déguster face au Guayas, pendant que les jacinthes d'eau descendent le courant par îlots entiers.
Guayaquil ne joue pas la carte du charme colonial policé. Elle affiche sa vitalité brute, ses contrastes, son fleuve immense, et ceux qui la parcourent avec curiosité y trouvent une énergie qui manque aux destinations trop sages. En regagnant le navire, on repense aux iguanes du parc : parfaitement à l'aise au milieu du tumulte, comme la ville elle-même.


