Dix minutes suffisent pour faire le tour de l'île à pied, et pourtant la journée y passe sans qu'on la voie filer. Tivua est un îlot de corail des Mamanuca, au nord-ouest de Viti Levu, la grande île des Fidji : un anneau de sable blanc, un bouquet de cocotiers et, tout autour, quelque 200 hectares de jardins coralliens qui font le bonheur des amateurs de tuba. On y accède lors d'une sortie à la journée depuis la région de Nadi et Denarau, souvent à bord d'un grand voilier dont les mâts se repèrent de loin sur le lagon.
La traversée fait partie du voyage
Le trajet vers Tivua donne le ton fidjien dès le départ : équipage en sulu fleuri, guitares et chants de bienvenue, ponts de bois où l'on s'installe face au vent. Selon le bateau, on navigue à la voile ou en catamaran, l'équipage hisse la toile à la main quand le vent s'y prête, et les silhouettes des Mamanuca défilent lentement sur l'horizon. À l'approche du récif, l'eau change de couleur par paliers, du bleu profond au vert pâle, jusqu'à ce que la coque glisse au-dessus des patates de corail. Le débarquement se fait en petite embarcation, les pieds presque dans l'eau tiède.
Sous la surface
Le récif qui ceinture Tivua constitue l'attrait principal de l'escale. Masque et tuba fournis, on nage au-dessus de coraux ramifiés où circulent poissons-papillons, demoiselles électriques et bancs argentés qui se dispersent au moindre geste. Les guides accompagnent les groupes vers les meilleures têtes de corail et rappellent la règle d'or : on regarde, on ne touche pas. Une crème solaire respectueuse des récifs rend d'ailleurs service à tout le monde. Les moins à l'aise dans l'eau embarquent sur un bateau à fond de verre pour observer le même spectacle au sec, tandis que les plus actifs empruntent kayaks et planches à pagaie pour longer le rivage. Selon la saison, l'îlot sert aussi de halte à des oiseaux marins et à des tortues, que l'on aperçoit parfois entre deux baignades.
L'heure fidjienne
À terre, le programme tient volontairement en peu de mots. On passe d'une chaise longue à l'ombre des cocotiers, on refait le tour de l'île pour le plaisir, on assiste à une cérémonie du kava où la boisson traditionnelle circule dans une coupe de bois au son des claquements de mains. Le repas se prend les orteils dans le sable, et les membres d'équipage, souvent originaires des villages voisins, racontent volontiers leur archipel. D'autres préfèrent simplement s'installer à l'ombre avec un livre : personne ne presse personne, et le mot horaire perd ici à peu près tout son sens. Ce mélange de simplicité et d'hospitalité laisse une impression durable, bien au-delà du décor.
Repères pour l'escale
| Élément | À savoir |
|---|---|
| Situation | Îlot corallien des Mamanuca, au nord-ouest de Viti Levu |
| Accès | Sortie à la journée depuis Denarau, voilier ou catamaran |
| Temps sur place | Environ quatre heures |
| Activités | Tuba, kayak, planche à pagaie, bateau à fond de verre |
En fin d'après-midi, les voiles se gonflent de nouveau et l'île redevient peu à peu un point clair sur le lagon. Chacun mesure alors ce que cette journée avait de rare : une île entière réduite à l'essentiel, du sable, du corail, des chants et du temps qui passe lentement. Les Fidji comptent plus de 300 îles. Celle-ci, minuscule, réussit pourtant à résumer tout ce qui donne envie de revenir dans l'archipel.


