La lumière du golfe de Tunis a quelque chose de particulier. Elle blanchit les façades, aplatit la mer et découpe au loin la colline de Byrsa, où Carthage dominait la Méditerranée bien avant Rome. Le navire s'avance vers La Goulette, l'avant-port de la capitale tunisienne, et accoste directement le long d'un quai de 657 mètres. Aucune navette maritime n'est nécessaire : on pose le pied en Afrique du Nord peu après l'amarrage.

Un avant-port entre lac et mer

La Goulette occupe une bande de terre étroite entre la Méditerranée et le lac de Tunis. Le quartier a longtemps vécu de la pêche et du commerce maritime, et il en garde un caractère populaire, avec ses grillades de poisson et ses cafés où l'on s'attarde. Le terminal de croisière regroupe boutiques et services, et les taxis attendent juste à la sortie. Un vieux fort trapu garde toujours l'entrée du chenal, souvenir des luttes entre Espagnols et Ottomans pour le contrôle de la rade. La monnaie locale, le dinar, ne s'échange qu'au pays : prévoyez de petites coupures en euros pour les achats rapides, la plupart des marchands les acceptent volontiers. Une règle simple s'applique partout ici : entendez-vous sur le prix de la course avant de monter, car les compteurs servent rarement.

Carthage, la légende sous les pins

À une demi-heure de route au plus, les vestiges de Carthage s'éparpillent entre villas et pins parasols. La cité punique fondée selon la tradition par la reine Didon fut rasée par Rome, puis rebâtie en métropole romaine d'Afrique. Les thermes d'Antonin, posés face à la mer, comptent parmi les plus vastes de l'Empire : il faut imaginer des salles hautes comme des cathédrales là où subsistent colonnes et soubassements. Depuis la colline de Byrsa, le panorama embrasse le golfe et fait comprendre d'un seul regard pourquoi tant de civilisations ont convoité ce rivage.

Sidi Bou Saïd, le village blanc et bleu

Un peu plus au nord, Sidi Bou Saïd s'accroche à sa falaise face à la mer. Les ruelles pavées grimpent entre des murs chaulés, des portes cloutées et des moucharabiehs bleu profond. On y flâne sans plan précis, un verre de thé aux pins d'Alep à la main, en s'arrêtant aux points de vue qui dominent les voiliers de la marina. Le village a séduit peintres et écrivains depuis plus d'un siècle, et l'on comprend vite pourquoi la lumière y semble différente.

La médina de Tunis

La capitale mérite elle aussi quelques heures. Sa médina, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, aligne des souks couverts où se succèdent parfumeurs, tisserands et artisans du cuivre. On y marchande, on s'y perd un peu, et c'est précisément le plaisir. Les amateurs d'archéologie peuvent compléter la journée au musée du Bardo, réputé pour ses mosaïques romaines d'une finesse rare. Prévoyez simplement vos déplacements avec une marge : la circulation autour de la capitale se montre imprévisible.

Organiser son temps à terre

DestinationTemps de route approximatif
Centre de Tunis et médina20 à 30 minutes
Vestiges antiques de Byrsa et des thermes20 à 30 minutes
Sidi Bou Saïd20 à 30 minutes

Une journée bien remplie permet de combiner ruines antiques et village en falaise, les deux sites étant voisins. Ajouter la médina demande un départ matinal et un œil sur la montre. Ceux qui préfèrent rester près du terminal trouveront à La Goulette même une promenade agréable le long des étals de poissonniers et des terrasses.

Le retour vers le large

En fin de journée, quand le navire largue les amarres, la côte s'éloigne lentement : le fort de La Goulette, les collines de Carthage, puis la tache blanche et bleue du village accroché à son promontoire. Trois mille ans d'histoire tiennent dans ce seul panorama. On repart avec le goût du thé aux pins, quelques images de mosaïques et l'envie assez nette de revenir explorer plus longuement cette rive de la Méditerranée.