Une voie ferrée explique tout ici. Achevée en 1902 pour transporter le minerai de fer suédois vers un port libre de glace, la ligne de l'Ofoten a fait naître Narvik au bord de son fjord, bien au nord du cercle polaire, là où le soleil de minuit règne en été et où la nuit polaire s'installe en hiver. Les wagons chargés de minerai descendent toujours des montagnes vers les quais, et cette vocation industrielle donne à la ville un caractère direct, sans fard, adouci par un décor de sommets qui tombent dans l'Ofotfjord. Les installations portuaires se déploient en trois secteurs, dont le terminal minéralier et le quai en eau profonde de Fagernes ; les paquebots utilisent généralement le secteur central, d'où l'on gagne à pied les principales attractions.
1940, l'année où le monde regardait ce coin de Norvège
Le fer a aussi valu à la ville ses heures les plus sombres. Au printemps 1940, les batailles de Narvik ont opposé forces alliées et allemandes pour le contrôle du port stratégique, sur terre comme sur les eaux du fjord. Le Musée de la guerre, installé au centre-ville, retrace ces combats avec une muséographie moderne et sobre qui donne la parole aux soldats comme aux civils. La visite constitue le point d'ancrage naturel de l'escale : on en ressort avec un regard changé sur les montagnes environnantes, théâtre de ces affrontements dans la neige.
Le téléphérique de Narvikfjellet
Depuis la station inférieure, accessible à pied depuis les rues basses de la ville, le téléphérique hisse ses cabines jusqu'à 656 mètres d'altitude sur les pentes du Narvikfjellet. Là-haut, le panorama déploie la ville, les bras du fjord et les crêtes à perte de vue ; un restaurant permet de prolonger la pause face au paysage. L'été, des sentiers de randonnée sillonnent la montagne sous la lumière presque continue du soleil de minuit ; l'hiver, skieurs et chasseurs d'aurores boréales prennent le relais, la nuit polaire offrant ici l'un des ciels les plus actifs du pays. Par temps dégagé, c'est ici que la ville livre sa plus belle image.
Le train arctique vers la frontière suédoise
Les amateurs de rails peuvent emprunter le train touristique qui grimpe la ligne de l'Ofoten vers la frontière suédoise. Le convoi s'élève au-dessus du fjord par une succession de tunnels et de ponts, longeant des paysages de haute montagne inaccessibles par la route. C'est le même tracé que parcourent les convois de minerai et le train quotidien vers Stockholm : un condensé d'ingénierie ferroviaire du début du 20e siècle, toujours en service plus d'un siècle après sa construction. Les excursions d'escale incluent fréquemment ce trajet aller-retour. L'été, l'ancien chemin des ouvriers du rail, le Rallarveien, longe la voie et se prête à la marche pour les plus actifs.
Organiser ses heures à terre
| Activité | Localisation | Durée indicative |
|---|---|---|
| Musée de la guerre | Centre-ville, à pied | 1 h 30 à 2 h |
| Téléphérique du Narvikfjellet | Station proche du centre | 1 h 30 à 2 h |
| Train arctique | Gare centrale | Demi-journée |
| Rues commerçantes et front de mer | Autour des quais | 1 h |
La montagne, le fer et la mémoire
Peu d'escales nordiques réunissent en si peu d'espace l'histoire industrielle, la mémoire militaire et la haute montagne. Narvik n'a rien d'un village de pêcheurs en habits du dimanche, mais elle possède quelque chose de plus rare : une identité forgée par le travail et l'épreuve, lisible dans chaque quai et chaque wagon qui passe. Le navire repart le long de l'Ofotfjord tandis que les cabines du téléphérique continuent leur va-et-vient sur la pente. On emporte de cette ville du fer un souvenir dense, à l'image du Nord véritable.


