Des sirènes de bronze accueillent les passagers à Norfolk. Disséminées par dizaines dans les rues depuis un quart de siècle, ces sculptures peintes par des artistes locaux sont devenues l'emblème de la ville, clin d'œil marin d'une cité qui vit de la mer sous toutes ses formes : port marchand, chantiers navals et la plus grande base navale du monde. Pour le croisiériste, la meilleure nouvelle tient en une phrase : ici, tout se fait à pied.
Un terminal en plein centre
Les navires accostent au Half Moone Cruise Center, sur la rivière Elizabeth, littéralement accolé au centre-ville — le bâtiment partage même son quai avec le musée maritime Nauticus. Aucune navette nécessaire : on franchit les portes du terminal et l'on se trouve déjà en ville, ce qui reste rare sur la côte est américaine. Voici ce qui attend à courte distance :
| À voir | À pied depuis le navire |
|---|---|
| Nauticus et le cuirassé USS Wisconsin | 5 min |
| Quartier Waterside, restaurants au bord de l'eau | 10 min |
| Mémorial MacArthur | 10 min |
| Rues pavées du quartier Freemason | 15 min |
| Musée d'art Chrysler | 25 min, ou court trajet en tramway léger |
Un géant d'acier à quai
Impossible de manquer le USS Wisconsin : 270 mètres de cuirassé amarrés à côté du terminal, l'un des plus grands jamais construits par la marine américaine, vétéran du Pacifique, de la Corée et du Golfe. La visite, libre ou audioguidée, mène du gaillard d'avant aux coursives, sous des tourelles dont chacune pèse plus lourd qu'un immeuble de quartier. Le musée Nauticus, attenant, complète le tableau avec ses expositions interactives sur la navigation, la météo et la puissance navale de Hampton Roads — les enfants s'y attardent volontiers, et l'on peut aisément y consacrer deux heures sans voir le temps passer. Prévoyez de bonnes chaussures pour le pont du cuirassé : les distances à bord surprennent, et les coursives se méritent. Les passionnés d'histoire militaire poursuivront au mémorial MacArthur, où le général est inhumé sous la rotonde de l'ancien hôtel de ville, entouré de ses archives, de sa limousine et de son célèbre képi brodé.
L'art et les vieilles rues
Changement complet d'ambiance au musée Chrysler, dont l'entrée est gratuite : peintures européennes et américaines, antiquités, et surtout l'une des plus riches collections de verre du continent, prolongée par un atelier où des souffleurs façonnent leurs pièces sous les yeux du public à heures fixes. Au retour, le quartier Freemason aligne rues pavées, demeures du XIXe siècle et églises de brique sous les magnolias. C'est le Norfolk des origines, élégant et ombragé, parfait pour une marche digestive après un plat de crabe bleu au Waterside ou sur Granby Street, l'artère des restaurants. En chemin, amusez-vous à compter les sirènes : chaque sculpture est différente, peinte ou mosaïquée, et les habitants vous indiqueront volontiers leur préférée — c'est un sujet de conversation qui ne rate jamais.
La marine en spectacle
Ceux qui veulent mesurer l'ampleur du port embarqueront pour une croisière-découverte dans la rade : porte-avions, destroyers et navires-hôpitaux défilent le long de la base, théâtre d'un ballet permanent de remorqueurs et d'hélicoptères. Un simple traversier relie aussi les deux rives de la rivière Elizabeth vers Portsmouth, pour quelques dollars et un beau point de vue sur les grues des chantiers; la traversée dure une dizaine de minutes et permet, si le cœur vous en dit, de flâner dans le vieux Portsmouth avant de revenir par le bateau suivant. En fin de journée, quand le navire s'écarte du quai, la ville se résume d'un regard : sirènes de bronze, coques grises, briques anciennes. Une escale sans temps mort, à hauteur de trottoir, qui donne envie de revenir explorer le reste de la baie de Chesapeake.


