Des îles, encore des îles, puis d'autres îles. À l'approche de Parry Sound, le navire se faufile dans l'archipel des 30 000 Îles, le plus grand ensemble insulaire d'eau douce au monde, où pins tordus par le vent et dalles de granit rose composent le paysage qui a inspiré les peintres du Groupe des Sept. La baie Georgienne s'ouvre ensuite sur le Big Sound, et la petite ville apparaît, dominée par son spectaculaire pont ferroviaire sur chevalets : 517 mètres d'acier suspendus à 32 mètres au-dessus de l'eau. Les bâtiments accostent au quai municipal, en plein centre, et la journée commence là où la rivière Seguin rejoint le lac Huron.
Une réserve de biosphère pour terrain de jeu
Ce coin de l'Ontario n'est pas protégé par hasard. L'UNESCO a désigné la région réserve de biosphère en 2004, en reconnaissance d'un écosystème rare où se côtoient forêts, milieux humides et littoral granitique. Le sentier riverain, long d'environ 6,5 kilomètres, part tout près du quai et longe la baie, l'école de voile et deux plages publiques. On y croise des résidents en vélo, des huards au large et, avec un peu de chance, un grand héron immobile entre deux roseaux. C'est la façon la plus simple de goûter à la nature d'ici sans quitter la ville.
Bobby Orr, enfant du pays
À quelques pas du quai, le Stockey Centre abrite le Bobby Orr Hall of Fame, consacré au plus célèbre fils de Parry Sound. Chandails, trophées et archives retracent le parcours du défenseur qui a changé le hockey à jamais. Même les voyageurs peu férus de sport se laissent prendre au jeu : l'endroit raconte aussi l'histoire d'une petite communauté nordique dont le fils a conquis Boston et la coupe Stanley. La salle de concert attenante accueille chaque été le Festival of the Sound, rendez-vous de musique de chambre réputé au pays.
Tower Hill et la mémoire de la région
En grimpant vers Tower Hill, le musée régional expose naufrages de la baie Georgienne, vie des camps de bûcherons et efforts des premiers colons pour cultiver un sol de roche. Juste à côté, une tour d'observation offre un panorama complet sur le port, le pont ferroviaire et le chapelet d'îles qui se perd à l'horizon. Le coup d'œil vaut la montée : on comprend d'un seul regard pourquoi les navigateurs ont toujours considéré ce mouillage comme l'un des mieux abrités des Grands Lacs.
Prendre le large autrement
Plusieurs escales proposent une excursion en mer; ici, c'est une sortie dans l'archipel qui s'impose. Des bateaux locaux quittent le port pour sillonner les chenaux entre les îlots, passer devant des chalets accessibles uniquement par l'eau et raconter les légendes ojibwées du secteur. Les plus actifs opteront plutôt pour le kayak ou pour une visite du parc provincial Killbear, dont les pins penchés au-dessus des plages comptent parmi les images les plus photographiées de l'Ontario.
À distance de marche du quai
- Stockey Centre et Bobby Orr Hall of Fame : environ 5 minutes.
- Rues commerçantes : de 5 à 10 minutes.
- Sentier riverain et plages : accès immédiat depuis le port.
- Musée et tour de Tower Hill : environ 20 minutes, montée modérée.
Quand le navire largue les amarres et reprend le fil des chenaux, les îles défilent une dernière fois, chacune avec son pin solitaire et sa dalle de granit polie par les glaciers. On quitte Parry Sound avec l'impression d'avoir navigué à l'intérieur d'un tableau, et l'envie tenace de revenir compter les îles, une à une, sans jamais y parvenir.