Palawan s'étire comme une longue échine verte entre la mer de Chine méridionale et la mer de Sulu, et Puerto Princesa en occupe le creux le plus abrité. Depuis le pont, on distingue d'abord les collines boisées, puis les toits de la capitale provinciale, l'une des villes les plus vertes des Philippines. La plupart des navires accostent directement au quai; le centre se rejoint ensuite en une dizaine de minutes de route, souvent à bord d'un tricycle motorisé dont le vrombissement fait partie de l'expérience.

La cathédrale et le vieux quartier

Près du rivage, la cathédrale de l'Immaculée-Conception dresse ses flèches anguleuses d'un bleu pâle inattendu. Elle marque le cœur du quartier fondateur, où la vie s'écoule entre écoles, échoppes et terrains de basketball improvisés. Une marche d'une dizaine de minutes suffit depuis le quai, et les tricycles complètent volontiers le trajet pour quelques pièces. Les habitants surnomment leur cité « ville dans une forêt », et le slogan se vérifie à chaque coin de rue : arbres géants au-dessus des toits, jardins publics soignés, trottoirs remarquablement propres pour la région. C'est le meilleur endroit pour prendre le pouls de la vie palawane avant de partir vers la nature.

Flâner sur le Baywalk

En bord de mer, la promenade du Baywalk aligne kiosques et terrasses face aux bateaux de pêche. On y goûte le lechon, porc rôti à la peau croustillante, ou le kinilaw, poisson cru mariné aux agrumes, pendant que les familles de la ville se retrouvent dans la fraîcheur de fin de journée. L'endroit résume bien la douceur de vivre locale : simple, gourmande et tournée vers l'eau.

La rivière souterraine

La grande fierté régionale se cache à une cinquantaine de kilomètres au nord, près du hameau de Sabang. Là, une rivière disparaît sous une montagne de calcaire et poursuit son cours dans l'obscurité totale, au fil de salles ornées de stalactites. Le parc national qui la protège figure au patrimoine mondial de l'UNESCO et parmi les sept nouvelles merveilles de la nature. On la parcourt en barque, casque sur la tête, guidé par le faisceau d'une lampe frontale qui révèle des salles aux allures de cathédrale, des colonnes de calcite et des colonies de chauves-souris suspendues aux voûtes. L'aller-retour depuis le navire occupe la majeure partie de la journée, entre la route sinueuse et la courte traversée en bangka, la pirogue à balancier locale. C'est l'excursion phare de l'escale, et elle se réserve à l'avance.

Les îles de Honda Bay

Pour un programme plus balnéaire, Honda Bay égrène ses îlots à 30 ou 45 minutes de bateau du rivage. Chaque arrêt a sa personnalité :

  • Luli, banc de sable qui apparaît et disparaît avec la marée;
  • Cowrie, la plus équipée, avec ses paillotes et ses tables ombragées;
  • Starfish, entourée d'eaux peu profondes où observer les étoiles de mer.

Le masque et le tuba suffisent pour explorer les fonds coralliens, et le poisson grillé servi sur place complète la sortie. Les excursions combinent généralement deux ou trois îles, ce qui laisse le temps de se baigner sans courir.

Choisir son escale

Difficile de tout faire en une seule journée : la rivière souterraine et Honda Bay tirent chacune dans leur direction. Les marcheurs urbains, eux, trouveront leur compte entre cathédrale, marché public et Baywalk, le tout à faible distance du quai. Quelle que soit l'option retenue, un chapeau, de l'eau et un peu de monnaie locale facilitent les heures à terre.

Le dernier tricycle

Au retour, pendant que le tricycle slalome vers le quai, on emporte des images de calcaire percé de rivières, d'îlots posés sur des hauts-fonds turquoise et de flèches bleues dressées au-dessus des toits. Puerto Princesa ne cherche pas à éblouir : elle laisse sa nature parler, et c'est précisément ce qui donne envie de prolonger la conversation.