Trois flèches sombres percent l'horizon bien avant l'accostage : Saint-Pierre, le Dôme, Saint-Jacques. Riga s'annonce depuis la Daugava comme une cité de clochers et de guildes marchandes, ancienne place forte de la Hanse devenue capitale de la Lettonie. La plupart des navires s'amarrent à quelques centaines de mètres seulement de la vieille ville; certains utilisent un terminal plus éloigné, relié par navette. Dans le premier cas, dix à quinze minutes de marche le long du fleuve suffisent pour plonger dans huit siècles d'histoire.

Huit siècles dans un mouchoir de poche

La vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, se parcourt aisément à pied. La maison des Têtes noires, reconstruite à l'identique après la guerre, déploie sa façade flamande sur le Rātslaukums, la place de la mairie. Tout près, la cathédrale du Dôme, fondée en 1211, conserve un cloître et de grandes orgues réputées. En remontant les ruelles pavées, on passe devant les Trois Frères, un alignement de maisons dont la plus ancienne date du XVe siècle, puis sous la porte suédoise, dernier passage conservé des remparts. Levez les yeux en chemin : une façade voisine hérisse des chats noirs au sommet de ses tourelles, souvenir d'une querelle entre un marchand letton et la grande guilde, devenue l'une des anecdotes préférées des guides.

Riga vue d'en haut

Pour saisir la géographie de Riga, l'ascenseur de l'église Saint-Pierre mène à une plate-forme perchée à 72 mètres. De là-haut, les toits rouges du centre ancien, le ruban de la Daugava et les clochers se déploient d'un seul regard. On repère aussi les grandes halles du marché et, au nord, les façades claires du quartier Art nouveau, prochaines étapes de la promenade.

L'Art nouveau en majesté

Riga possède l'une des plus fortes concentrations d'architecture Art nouveau en Europe : près d'un tiers des immeubles du centre en relève. La rue Alberta, dessinée en grande partie par Mihails Eizenšteins, en est la vitrine : visages sculptés, sphinx, guirlandes et fenêtres ovales se succèdent sur les façades. Un musée installé dans un appartement d'époque restitue l'intérieur bourgeois des années 1900, jusqu'à sa cuisine et sa salle de bain.

Le marché sous les hangars à zeppelins

À deux pas des anciennes fortifications, le marché central occupe cinq immenses pavillons construits vers 1930 à partir de hangars à dirigeables. À l'intérieur, les étals débordent de pain de seigle, de poisson fumé, de petits fruits et de fromages frais. C'est le meilleur endroit pour observer le quotidien des Rigois, goûter un chausson chaud et rapporter quelques douceurs à bord. Essayez au passage un jus d'argousier, la petite baie orangée dont les Lettons raffolent. Entre la vieille ville et les boulevards, le parc du Bastion et son canal offrent ensuite une pause verte au pied du monument de la Liberté, haut de plus de 40 mètres.

Repères pratiques

Depuis le quai principalÀ pied
Vieille ville (premières ruelles)10 à 15 min
Église Saint-Pierre et cœur historique15 à 20 min
Marché central20 à 25 min
Quartier Art nouveau (rue Alberta)25 à 30 min

Un dernier tour de flèches

Au retour, le soleil du soir accroche les coqs dorés qui veillent au sommet des clochers, une tradition rigoise censée éloigner le mauvais sort. On rembarque avec des images plein la tête : façades sculptées, halles gourmandes, ruelles où résonnent les carillons. Riga fait partie de ces capitales de la Baltique qui se laissent apprivoiser en une escale, mais qui donnent aussitôt envie d'une seconde visite.