La baie dessine un fer à cheval presque parfait, gardée par deux promontoires rocheux. Sur celui du nord, une statue monumentale du Christ ouvre les bras au-dessus du Pacifique depuis 2009 et accueille les navires bien avant le mouillage. San Juan del Sur, sur la côte sud-ouest du Nicaragua, se rejoint en annexe : quelques minutes de navigation suffisent pour passer du pont du navire au sable de la plage principale.
Un bourg qui vit pieds nus
Le débarcadère donne directement sur le front de mer, bordé de maisons basses aux couleurs vives, de restaurants de poisson grillé et de boutiques de planches de surf, avec les collines vertes en toile de fond. L'ambiance tient du village balnéaire décontracté : les vendeurs de jus de fruits poussent leurs charrettes, les surfeurs comparent les vagues du jour, et les hamacs se balancent sous les porches. Une promenade sans but précis, un ceviche frais à l'ombre et les pieds nus dans la chaleur de la plage composent déjà une escale réussie.
La montée vers le Christ de la Miséricorde
Pour prendre la mesure du site, il faut gagner le promontoire nord, en taxi ou à pied pour les plus énergiques. Depuis l'esplanade de la statue, la baie se déploie d'un seul tenant : le croissant de sable, les toits du bourg, les collines vertes en arrière-plan et l'océan qui moutonne jusqu'à l'horizon. Les navires paraissent minuscules au mouillage. C'est le point de vue que tout le monde rapporte en photo, et il se mérite sans grande difficulté.
Les plages voisines
Les amateurs de glisse connaissent la région pour ses vagues régulières. Plusieurs plages s'égrènent au nord et au sud du bourg, accessibles en navette ou en taxi :
- Playa Maderas, rendez-vous des surfeurs de tous niveaux, avec ses écoles et ses cabanes de plage ;
- Playa Hermosa, longue étendue de sable propice à la marche et à la baignade surveillée des débutants.
Une demi-journée suffit pour combiner l'une d'elles avec la flânerie au village, à condition de garder un œil sur l'heure du dernier retour en annexe. Un chapeau, de l'eau et de la monnaie locale ou des dollars en petites coupures facilitent la journée, car les guichets automatiques demeurent rares hors du centre.
Granada, l'excursion coloniale
Les excursions les plus complètes quittent la côte pour Granada, à environ deux heures de route. La cité coloniale déroule ses églises jaunes et blanches, ses ruelles pavées et ses demeures à patio autour du grand lac Nicaragua. Une balade en bateau se faufile entre les îlots du lac, des centaines de fragments de verdure nés d'une ancienne éruption, où hérons et singes se partagent les arbres. Le retour longe des paysages de volcans qui rappellent la jeunesse géologique du pays.
À la table du Pacifique
L'heure du repas mérite qu'on s'y arrête. Les restaurants du front de mer servent le poisson du matin grillé entier, accompagné de riz, de plantains frits et de salades de mangue verte, pendant que les barques de pêche se balancent à quelques mètres des tables. Les jus de fruits pressés, corossol, ananas ou pastèque, se boivent glacés sous les ventilateurs. Rien de sophistiqué, tout de savoureux : la cuisine nicaraguayenne joue la carte de la simplicité, et elle la joue bien.
Le dernier tender
En fin d'après-midi, la lumière dore la baie et la statue s'embrase au sommet de son promontoire. Depuis le pont du navire, San Juan del Sur redevient une courbe blonde entre deux caps sombres. Le Nicaragua, souvent méconnu des itinéraires de croisière, vient de plaider sa cause avec des arguments simples : une baie, des vagues, un village souriant.


