Soixante-quatorze îles posées sur une mer laiteuse de corail : voilà ce qui attend le navire au mouillage devant Airlie Beach. La petite capitale des Whitsundays, sur la côte du Queensland, sert de porte d'entrée à l'un des plus beaux plans d'eau d'Australie, en plein cœur du parc marin de la Grande Barrière. L'escale se joue donc sur deux tableaux : un bourg balnéaire décontracté, à vivre à pied, et un éventail d'excursions marines qui comptent parmi les plus spectaculaires du pays.
Un débarquement en chaloupe, puis tout à pied
Les paquebots ancrent au large — les fonds côtiers sont trop faibles pour accoster — et les chaloupes rejoignent en une quinzaine de minutes le Port of Airlie ou la marina voisine, selon les compagnies. De là, la rue principale se trouve à quelques minutes de marche : cafés, boutiques de plein air, terrasses et agences d'excursions se succèdent dans une ambiance de station tropicale détendue, où les tongs tiennent lieu de code vestimentaire. Les fins de semaine, un marché en plein air s'installe sur le front de mer : fruits tropicaux, artisanat et musiciens donnent le ton dès le matin.
Le lagon, plaisir gratuit du front de mer
Au centre du village, la municipalité entretient un vaste lagon artificiel de baignade entouré de pelouses et de barbecues publics. L'endroit règle élégamment un problème local : de novembre à mai, les méduses urticantes rendent la baignade en mer risquée, alors que le lagon, filtré et surveillé, reste ouvert à tous en toute saison. Les familles s'y installent pour la journée, serviette sur l'herbe et sorbet à la main, face aux voiliers qui entrent et sortent de la baie.
La promenade du Bicentenaire, entre mangroves et marinas
Pour prendre la mesure du site, la promenade du Bicentenaire longe la côte sur quelques kilomètres, du centre jusqu'aux quartiers de Cannonvale, en passant par plages, mangroves et pontons. On y croise joggeurs, cacatoès et pêcheurs du dimanche, avec des vues changeantes sur le passage des Whitsundays. Autre option verte : les sentiers du parc national de Conway, à une dizaine de minutes de route, grimpent dans la forêt tropicale humide jusqu'à des belvédères ouverts sur les îles.
Whitehaven Beach et le récif, les grandes sorties
La journée permet-elle une excursion? Alors le choix royal s'appelle Whitehaven Beach, sur l'île Whitsunday : sept kilomètres de silice d'une blancheur irréelle, régulièrement classée parmi les plus belles plages du monde, accessible en catamaran rapide ou en semi-rigide. Le belvédère de Hill Inlet, où le sable et le turquoise se mêlent en volutes changeantes selon la marée, couronne la plupart des sorties. Les amateurs de corail opteront pour les sorties masque et tuba sur les récifs frangeants, les survols en hydravion ou en hélicoptère — avec, vu du ciel, le célèbre récif en forme de cœur — ou les bateaux à fond de verre pour rester au sec. Les places partent vite les jours d'escale : réserver tôt.
Repères pour l'escale
- Chaloupe : environ 15 minutes entre le navire et le rivage.
- Village entièrement accessible à pied depuis les marinas.
- Baignade en mer déconseillée de novembre à mai (méduses); lagon sûr à l'année.
- Excursions à Whitehaven : compter une demi-journée à une journée complète.
Au retour des chaloupes, le soleil descend derrière les collines et les mâts de la marina se découpent sur un ciel orangé, pendant que les terrasses s'animent doucement. Airlie Beach n'a rien d'une grande escale monumentale, et c'est très bien ainsi : elle offre une journée d'eau turquoise, de sable blanc et de simplicité tropicale dont on se souvient chaque fois que revient l'hiver québécois.