Albany WA Western Australia
Australia

45 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Le navire contourne des promontoires de granit avant de pénétrer dans le King George Sound, vaste rade protégée par des îles où la houle de l'océan Austral vient mourir. C'est par cette entrée que l'Australie-Occidentale a commencé : Albany, fondée en 1826, précède Perth de plus de deux ans. La ville a gardé de cette ancienneté un centre aux façades coloniales, et de sa position australe un littoral spectaculairement découpé.

Du quai à York Street

Les paquebots accostent dans le port en eau profonde de Princess Royal Harbour, à environ deux kilomètres du coeur de la ville; des navettes font généralement la liaison. York Street monte doucement depuis la mer, bordée d'édifices du XIXe siècle — ancien hôtel de ville à horloge, églises de pierre, vérandas ouvragées — et de cafés où les habitants prennent le temps. L'ensemble se parcourt aisément à pied. Près du musée régional, une réplique grandeur nature du brick Amity, le voilier qui amena les premiers colons en 1826, se laisse aborder de la cale au gaillard : les enfants y jouent aux matelots, les adultes mesurent l'exiguïté d'une traversée d'époque.

Le mont Clarence et la mémoire de l'Anzac

En novembre 1914, les convois emportant les premiers soldats australiens et néo-zélandais vers la Grande Guerre se sont rassemblés dans la rade avant de lever l'ancre. Pour des milliers d'hommes, Albany fut la dernière image de leur pays. Le National Anzac Centre, sur les pentes du mont Clarence, retrace leurs destins un à un : chaque visiteur reçoit l'identité d'un soldat et le suit de l'embarquement au front. Des terrasses, la vue porte sur toute la rade — la même que virent les convois.

Frenchman Bay, la dernière station baleinière

À vingt-cinq minutes de route, l'ancienne station baleinière de Frenchman Bay a chassé la baleine jusqu'en 1978, dernière du genre en Australie. Reconvertie en musée, elle raconte cette industrie sans la maquiller : cuves à huile devenues salles de projection, squelette de baleine bleue, et le Cheynes IV, navire-chasseur conservé à terre que l'on parcourt de la cale à la passerelle. Le contraste avec la baie tranquille en contrebas donne toute sa mesure au chemin parcouru depuis.

The Gap et le Natural Bridge

Dans le parc national de Torndirrup, l'océan Austral travaille le granit depuis des millions d'années. Une passerelle d'acier s'avance au-dessus de The Gap, faille où la houle s'engouffre et explose une quarantaine de mètres plus bas; à côté, le Natural Bridge enjambe le va-et-vient des vagues. Les jours de grande mer, le sol semble vibrer sous les pieds. On reste prudemment derrière les garde-corps : le spectacle suffit amplement.

Les visiteuses de l'hiver austral

De juin à octobre, baleines franches australes et baleines à bosse font halte dans les baies voisines, parfois à quelques centaines de mètres du rivage. Depuis le sable de Middleton Beach — dont la promenade en bois longe une anse propice à la baignade estivale — ou depuis les hauteurs de la ville, il n'est pas rare d'apercevoir un souffle, une nageoire, une queue qui claque. La rade qui vit partir les soldats est devenue une pouponnière de géantes : peu de retournements d'histoire sont aussi heureux.

Au moment de reprendre la mer, le regard s'attarde sur les collines de granit et les eaux calmes du Sound. Albany laisse le souvenir d'une escale à double fond, où la beauté du littoral se double partout de mémoire — celle des pionniers, des soldats, des baleiniers repentis. Il faudrait plusieurs journées pour en épuiser les environs — vignobles, forêts de géants et plages désertes attendent à moins d'une heure. Albany, décidément, ne semble pas pressée que l'on parte.