Kimberley Coast Western Australia
Australia

115 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Ponant (36 Croisières)

Princess Cruises (34 Croisières)

Ici, la marée respire comme un être vivant. Deux fois par jour, jusqu'à douze mètres d'eau montent puis se retirent le long de falaises de grès orange vieilles de près de deux milliards d'années. La côte du Kimberley, dans le nord-ouest tropical de l'Australie, ne possède ni port, ni route, ni village sur des centaines de kilomètres : seulement des gorges noyées, des récifs qui émergent, des chutes qui tombent dans la mer et quelques-uns des plus anciens sanctuaires d'art rupestre de la planète. On n'y fait pas escale — on y navigue en expédition, une à deux semaines durant, entre Broome et Wyndham ou Darwin.

Une navigation d'expédition

Les navires qui fréquentent cette côte, souvent au départ de Broome, l'ancienne capitale perlière australienne, sont de petites unités équipées de zodiacs. Chaque jour, selon l'eau et la météo, l'équipe d'expédition ouvre une nouvelle porte : remontée d'une rivière entre les palétuviers, débarquement sur une plage déserte, approche d'une paroi gravée. Les conférences du bord — géologie, faune, cultures aborigènes — donnent chaque soir des clés pour la journée suivante. Les crocodiles marins imposent leurs règles — on ne se baigne pas, et l'on scrute les berges de vase où ils prennent le soleil — mais c'est précisément cette autorité du sauvage qui donne au voyage son caractère. Les naturalistes du bord recensent aussi dugongs, serpents de mer et balbuzards au fil des sorties.

Les chutes horizontales

Dans la baie de Talbot, la marée s'engouffre par deux gorges étroites avec une telle force que l'eau forme de véritables rapides de mer, que l'on remonte en embarcation rapide dans un grondement d'écume. Le phénomène, unique au monde à cette échelle, s'inverse à chaque renverse. Quelques heures plus tard, le même passage redevient un miroir.

Montgomery Reef, le récif qui sort de l'eau

Plus au nord, le plus grand récif côtier d'Australie semble se soulever de l'océan quand la mer se retire : des cascades ruissellent alors de ses tables de corail, et des hectares de lagune se vident sous les yeux des passagers en zodiac. Tortues, raies, requins de récif et dauphins chassent dans les chenaux; en saison, les baleines à bosse croisent au large. Le spectacle dure quelques heures, puis l'océan reprend son bien.

Les chutes du roi George

Tout au nord de la côte, la rivière King George se jette de 80 mètres — les plus hautes chutes de l'Australie-Occidentale — entre deux murailles de grès rayées d'ocre. Les navires remontent le fjord jusqu'au pied des deux cataractes jumelles; certains commandants placent l'étrave sous le rideau d'embruns, au grand bonheur des photographes massés en proue. En saison sèche, le débit s'amenuise, mais la gorge elle-même, profonde et silencieuse, vaut le détour à elle seule.

Wandjina et Gwion Gwion

Dans des abris de grès, à quelques minutes de marche des plages, veillent les figures peintes des Wandjina, esprits aux grands yeux sans bouche, et les silhouettes élancées des Gwion Gwion, parmi les plus anciennes traditions picturales connues, dont la datation exacte occupe encore les chercheurs. Des guides autochtones ou des membres d'équipage formés accompagnent la rencontre avec ces galeries à ciel ouvert, toujours vénérées par leurs héritiers, qui en renouvellent rituellement certaines figures. On parle bas dans ces abris; le lieu l'impose de lui-même.

Le luxe du vide

Au terme du voyage, ce ne sont pas les chiffres que l'on retient — hauteur des marées, âge des roches — mais une sensation : celle d'avoir parcouru un monde d'avant les cartes, où la seule lumière nocturne est celle de la Voie lactée. Le Kimberley ne se raconte pas facilement. Il se navigue, et il ne s'oublie pas.