Un monolithe de granit rose de près de 300 mètres surgit en plein milieu de Townsville, comme posé là par erreur. Castle Hill sert de repère à tout le monde : aux marins qui rentrent au port, aux coureurs du matin qui grimpent ses sentiers et aux passagers qui, du pont, cherchent à comprendre la géographie de cette cité tropicale du nord du Queensland. Avec plus de 300 jours de soleil par année, la plus grande ville des tropiques australiens reçoit ses visiteurs dans une lumière franche, presque garantie.
Du quai au centre-ville
Les navires accostent dans le port, à deux kilomètres du cœur de la ville. Les jours d'escale, des navettes font généralement la liaison, et les taxis complètent l'offre; les bons marcheurs peuvent rejoindre le centre à pied en une trentaine de minutes. La ville se laisse ensuite parcourir sans effort : tout ce qui compte se concentre entre le front de mer, la rue Flinders et la colline.
The Strand, la promenade des habitants
Le meilleur de Townsville s'étire le long de The Strand, une promenade balnéaire de deux bons kilomètres ombragée de figuiers et de palmiers. Les familles pique-niquent sur les pelouses, les nageurs se retrouvent dans le bassin protégé, et les points de vue s'ouvrent sur la silhouette de Magnetic Island, à quelques kilomètres au large. On y croise la ville dans son quotidien : joggeurs, pêcheurs sur la jetée, cafés tournés vers la mer. Une crème glacée à la main, on comprend pourquoi les résidents défendent leur front de mer avec autant de fierté.
Flinders Street et le trésor du Pandora
En retrait de la mer, la rue Flinders aligne des façades victoriennes héritées des années fastes de la ruée vers l'or, quand Townsville servait de porte d'entrée vers les champs aurifères de l'arrière-pays. Le Museum of Tropical Queensland, tout proche, conserve une histoire fascinante : celle du HMS Pandora, le navire envoyé par l'Amirauté britannique pour capturer les mutins du Bounty, et qui sombra sur la Grande Barrière en 1791. Canons, objets du bord et effets personnels remontés de l'épave composent l'un des ensembles d'archéologie sous-marine les plus riches d'Australie.
Le sommet de Castle Hill
Les plus énergiques s'attaquent au « goat track », le sentier escarpé qui grimpe jusqu'à la crête; les autres y montent en taxi par la route panoramique. Là-haut, la récompense est totale : la trame des rues à ses pieds, la baie de Cleveland, les collines sèches de l'arrière-pays et, par temps clair, tout le chapelet d'îles au large. Les habitants y montent avant le travail comme d'autres vont au gym. Prévoyez de l'eau et un chapeau : le soleil ne plaisante pas ici.
Magnetic Island, l'escapade au large
Si l'escale s'étire, le traversier s'y rend en une vingtaine de minutes depuis le terminal du centre-ville. Plus de la moitié de cette île granitique est classée parc national : baies ourlées d'eucalyptus, rochers ronds posés sur des plages claires, koalas sauvages somnolant dans les branches le long du sentier des forts, aménagé pendant la Seconde Guerre mondiale. Quelques heures suffisent pour une baignade et une marche, à condition de garder un œil sur l'heure du retour.
Repères pour l'escale
| Site | Distance du quai | Accès |
| Centre-ville et rue Flinders | Environ 2 km | Navette, taxi ou à pied |
| The Strand | Environ 2 à 3 km | Navette puis marche |
| Sommet de Castle Hill | Environ 4 km par la route | Taxi ou sentier pédestre |
| Magnetic Island | Traversée d'environ 20 minutes | Traversier du centre-ville |
Au moment du départ, le grand rocher rosit dans la lumière du soir et l'île voisine s'estompe à l'horizon. Townsville n'élève jamais la voix : elle mise sur son soleil, sa promenade et son rocher. Et c'est précisément cette assurance tranquille qui reste en mémoire quand la côte du Queensland défile à nouveau derrière la poupe.