Un grand-bi trône derrière les fenêtres d'une maison ancienne du centre : Ybbs an der Donau consacre tout un musée à la bicyclette, clin d'œil aux milliers de cyclistes qui longent chaque été le Danube. Amarré à la berge, à deux pas des premières façades, le passager saisit vite l'échelle des lieux : une petite cité fluviale où tout se parcourt sans hâte, entre le grand fleuve et l'embouchure de la rivière Ybbs qui lui donne son nom.
Une des doyennes du Danube autrichien
Ybbs compte parmi les plus anciennes cités riveraines du pays. Les chroniques mentionnent le site dès le haut Moyen Âge, et la localité obtint ses droits de cité au début du XIVe siècle. Sa fortune vint de l'eau : marchandises transbordées, péages perçus, bateliers hébergés. Ce passé se lit encore dans les maisons bourgeoises aux façades pastel, serrées autour de placettes où la vie suit son cours ordinaire, loin des foules des grandes escales.
Sur la route des Nibelungen
Le tronçon du fleuve qui précède la Wachau porte un nom chargé de légendes : le Nibelungengau, en écho à la chanson des Nibelungen, dont les héros auraient remonté ces rives en route vers la cour des Huns. Ybbs en constitue l'une des portes, et son rivage voit défiler tout ce que le Danube compte d'embarcations, du convoi poussé chargé de céréales au voilier fluvial repeint de frais. S'asseoir face au courant et regarder passer ce trafic tranquille compte parmi les plaisirs simples de la halte.
Flâner dans le vieux centre
Depuis la berge, quelques minutes suffisent pour gagner le cœur ancien. L'église Saint-Laurent y dresse son chevet gothique au-dessus des toits ; à l'intérieur, la pénombre fraîche et les voûtes élancées récompensent le détour. Autour, on furète dans les cours intérieures, on s'attable à une terrasse de café, on observe les cyclotouristes qui font étape, sacoches ouvertes, cartes dépliées. La piste qui relie Passau à Vienne traverse la ville et lui donne, aux beaux jours, un air de relais où chacun compare son kilométrage de la journée.
Le musée qui pédale
Le musée du vélo rassemble draisiennes, grands-bis et bicyclettes de toutes les époques dans une demeure du centre ancien. La collection raconte un siècle et demi d'ingéniosité, des premières machines sans pédales aux montures profilées. L'endroit amuse les familles, attendrit les nostalgiques et résume bien l'esprit d'une ville qui a fait du deux-roues un emblème.
Le fleuve au travail
En amont, le barrage d'Ybbs-Persenbeug barre le Danube de sa longue silhouette de béton : première grande centrale au fil de l'eau du fleuve en territoire autrichien, elle rappelle que ce géant tranquille éclaire aussi les foyers du pays. Les enfants comptent les péniches qui franchissent l'écluse ; les adultes, eux, mesurent la force paisible du courant. Sur la rive opposée, un peu en amont, Persenbeug aligne ses toits sous son château. La promenade riveraine offre le meilleur poste d'observation sur ce va-et-vient de chalands, d'unités de croisière et de kayaks, avec les collines boisées en toile de fond.
Repères pour l'escale
| Site | Distance du quai | Accès |
| Vieux centre et église Saint-Laurent | Quelques minutes | À pied |
| Musée du vélo | Quelques minutes | À pied |
| Promenade riveraine | Au pied de la passerelle | À pied |
Cette halte se savoure comme une respiration entre deux grands rendez-vous danubiens, la Wachau se profilant déjà en aval. On y goûte une Autriche sans mise en scène : un marché, des cloches, des vélos qui passent, des voisins qui se saluent par leur prénom. En remontant à bord, plus d'un passager suit du regard la piste cyclable qui file le long de la rive, en se promettant de revenir un jour... à bicyclette.