Santarem Brazil Amazon

32 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Deux fleuves se rencontrent devant Santarém et refusent de se mélanger. Les eaux limoneuses de l'Amazone, couleur café au lait, longent sur une distance étonnante les eaux sombres et claires du Tapajós, en une frontière liquide parfaitement visible depuis le pont du navire. C'est le spectacle d'ouverture de cette escale de l'Amazonie brésilienne, à mi-chemin entre Manaus et l'océan Atlantique, dans l'État du Pará, au cœur d'un monde où tout se mesure à l'échelle de l'eau.

Une ville née des fleuves

Fondée par les Portugais en 1661, Santarém compte parmi les plus anciennes cités de l'Amazonie. Son front de fleuve vit au rythme des embarcations de bois à deux ponts qui chargent fruits, poissons, hamacs et passagers vers les villages des rives, comme elles le font depuis des générations. Le marché déborde de produits que bien des voyageurs voient pour la première fois : açaí, cupuaçu, farines de manioc, poissons aux dimensions spectaculaires. Les hamacs tissés et les paniers de fibres végétales font de bons souvenirs à rapporter, légers et durables. Une promenade le long des quais suffit pour saisir le rôle de carrefour que la ville joue depuis des siècles.

Alter do Chão et son île de sable blanc

La sortie la plus courue mène à Alter do Chão, un village posé sur la rive claire à environ trente-cinq kilomètres, soit quarante-cinq minutes de route. Face à la place centrale s'étire l'Ilha do Amor, un banc de sable blanc entouré d'eaux limpides que l'on rejoint en pirogue en quelques minutes. Se baigner dans une eau douce et tiède, si loin de la mer, sur une plage digne des tropiques insulaires : le paradoxe amazonien s'apprécie un verre de jus de fruit à la main, dans l'un des restaurants du bord de l'eau.

La forêt nationale du Tapajós

Les excursions nature s'enfoncent dans cette réserve protégée, où des sentiers guidés circulent sous les grands arbres. Les sumaúmas, géants au tronc contreforté, y atteignent des proportions qui laissent les groupes silencieux. Singes et oiseaux se manifestent plus souvent par le son que par l'image, et les guides locaux lisent la forêt comme un livre : plantes médicinales, lianes à eau, traces de passage. C'est l'occasion de toucher du doigt ce que le mot Amazonie recouvre vraiment.

Cent kilomètres de plages d'eau douce

La limpidité de la rivière a doté la région d'un littoral fluvial hors norme : plus de cent kilomètres de plages se déroulent le long de ses rives, entre villages et forêt. Leur étendue varie avec le niveau des eaux, généreuse en saison sèche, plus discrète quand les pluies gonflent les niveaux, et c'est justement ce qui rend chaque passage différent d'une visite à l'autre. Les habitants y viennent en famille la fin de semaine, avec glacières et ballons de soccer, offrant aux visiteurs un aperçu candide de la vie amazonienne moderne, bien loin des clichés de jungle impénétrable.

Les couleurs de la rencontre des eaux

Au retour, les embarcations repassent souvent par la ligne de rencontre des courants. Selon la lumière, le contraste vire du brun et bleu au doré et vert sombre, et les dauphins roses de l'Amazone crèvent parfois la surface à la frontière des deux courants. Les photographes se placent à l'avant ; les autres regardent simplement, ce qui n'est pas moins bien.

Reprendre le fil du fleuve

Le navire largue les amarres face à une ville qui s'allume doucement, entre deux immensités d'eau. L'Amazone poursuit sa route vers l'océan, chargé de sédiments des Andes ; le Tapajós retourne à ses plages. Santarém reste au milieu, fidèle à son rôle de trait d'union, et le voyageur emporte l'image rare de deux fleuves qui voyagent ensemble sans jamais se confondre.