Bandar Seri Begawan Muara, Brunei
Brunei

31 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Longtemps avant d'arriver en ville, on aperçoit l'or : celui des dômes qui percent la canopée, signal de la richesse tranquille du sultanat de Brunei. Les navires accostent au port en eau profonde de Muara, à environ 27 kilomètres de la capitale, soit une trentaine de minutes de route à travers palmeraies et quartiers résidentiels aux villas cossues. Les navettes des compagnies et les taxis se partagent le trajet, simple et bien rodé. Bandar Seri Begawan, posée au fil de l'eau, se découvre ensuite à un rythme paisible, à l'image de ce petit État de Bornéo où la circulation elle-même semble apaisée.

La mosquée au bord de sa lagune

Au centre-ville, la mosquée Sultan Omar Ali Saifuddien compose l'image la plus célèbre du pays : marbre blanc, dôme d'or, minaret élancé et lagune artificielle où se reflète une barge royale de pierre. On en fait le tour à pied, entre jardins et plans d'eau, en observant le va-et-vient des fidèles ; aux heures chaudes, le marbre renvoie une lumière presque aveuglante, et l'on comprend pourquoi les habitants attendent la fin du jour pour s'y promener en famille. L'intérieur, feutré et frais, se visite en dehors des heures de prière, tenue couvrante exigée et prêtée à l'entrée sans frais. Quelques rues plus loin, le Royal Regalia Building expose chars de couronnement, parures et cadeaux protocolaires offerts au sultan : la salle principale, dominée par le char doré du jubilé, se passe de commentaire. Le bâtiment, climatisé et gratuit d'accès, offre au passage une pause bienvenue au cœur de la journée.

Kampong Ayer, la ville sur l'eau

Face au centre, de l'autre côté de la rivière Brunei, s'étend Kampong Ayer, immense village lacustre où des milliers d'habitants vivent dans des maisons sur pilotis reliées par des passerelles de bois. Des bateaux-taxis colorés font la traversée en quelques minutes depuis les quais du centre, moteur poussé à fond et sourire du pilote en prime. On débarque sur les pontons, on suit les passerelles entre écoles, mosquées de quartier et épiceries flottantes, et il arrive qu'une famille ouvre sa porte pour offrir thé et gâteaux. Les enfants saluent depuis les fenêtres, les chats somnolent sur les planches tièdes, et la vie domestique se déroule au-dessus des reflets. La visite donne à voir un mode de vie qui précède de plusieurs siècles la fortune pétrolière du pays.

La rivière, les singes et le palais

Les mêmes bateaux prolongent volontiers la course vers l'amont, où la mangrove serre les berges de près. Avec un peu de patience, on y aperçoit des nasiques, ces singes au long nez qui ne vivent qu'à Bornéo, bondissant de branche en branche au-dessus de l'eau. Au passage, les toits de l'Istana Nurul Iman, l'immense palais résidentiel du sultan, émergent de la végétation : il ne se visite pas, mais la vue depuis la rivière suffit à en mesurer l'ampleur. Le retour se fait au fil de l'eau, dans la lumière déclinante qui dore les pilotis de Kampong Ayer.

L'escale en bref

  • Accostage à Muara, à environ 30 minutes de la capitale
  • Mosquée Sultan Omar Ali Saifuddien et sa lagune
  • Royal Regalia Building consacré au couronnement
  • Kampong Ayer en bateau-taxi depuis les quais
  • Mangrove et nasiques en excursion fluviale

Une douceur qui reste

Brunei ne cherche ni à éblouir ni à retenir : le sultanat vit à son rythme, entre ferveur religieuse, prospérité discrète et fidélité au cours d'eau qui l'a fait naître. C'est cette mesure qui frappe le voyageur, plus encore que l'or des dômes. Sur la route du retour vers Muara, entre deux rangées de palmiers, on se surprend à penser que la sérénité, ici, n'est pas un argument touristique : c'est une manière d'être.