Nessebar Bulgaria
Bulgaria

Quatre cents mètres : c'est la longueur de l'isthme qui relie Nessebar au continent bulgare. On le franchit à pied, un moulin à vent en bois monte la garde à mi-chemin, et l'on change d'époque en marchant. Derrière, les tours d'hôtels de la côte moderne; devant, une presqu'île minuscule où plus de trois millénaires d'histoire se serrent sur moins d'un kilomètre carré. L'ancienne Mesembria, fondée par les Thraces puis colonisée par les Grecs, est aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, et chaque ruelle pavée le justifie.

L'arrivée par la mer Noire

Les navires de petite taille s'amarrent au quai voisin de la vieille ville, à quelques minutes de marche de la porte des remparts; les plus grands mouillent au large et débarquent leurs passagers en navette. Dans les deux cas, l'entrée se fait par les fortifications antiques, dont les assises de pierre encadrent encore l'accès principal. Dès les premiers pas, le ton est donné : maisons de bois en encorbellement, filets de pêche suspendus, vigne courant sur les façades.

La ville aux quarante églises

Nessebar fut au Moyen Âge un centre religieux de premier ordre. On y a bâti au fil des siècles une quarantaine d'églises; une dizaine subsistent, entières ou en ruine, et leur concentration sur un si petit territoire n'a guère d'équivalent. La plus photographiée, l'église du Christ Pantocrator, accueille le visiteur près de l'entrée de la presqu'île avec ses jeux de briques rouges, de pierre blanche et de céramiques vertes, décor d'arcatures et d'incrustations propre aux églises médiévales de la mer Noire. L'église Saint-Étienne, elle, conserve un intérieur couvert de fresques médiévales remarquablement préservées. D'autres sanctuaires, réduits à leurs murs, servent de décor aux placettes où les habitants vendent confitures de figues et dentelles.

Les maisons de bois du renouveau bulgare

Entre les églises, l'architecture civile mérite autant d'attention. Les demeures du XIXe siècle, élevées à l'époque dite du renouveau national, posent un étage de bois sombre en surplomb sur un rez-de-chaussée de pierre; les poutres avancent au-dessus des ruelles, si près parfois qu'elles semblent se toucher. Au centre de la presqu'île, la basilique Sainte-Sophie, ancienne métropole du lieu, dresse à ciel ouvert ses hautes arcades de brique au milieu des terrasses. Le musée archéologique, près de l'entrée, rassemble quant à lui stèles grecques, monnaies et icônes qui aident à relier toutes ces couches d'histoire.

Le tour des remparts et les terrasses

En une heure de marche tranquille, on fait le tour complet de la presqu'île par les ruelles qui longent l'eau. Les points de vue se succèdent : barques amarrées au pied des murailles, mouettes posées sur les toits de tuiles, silhouettes des stations balnéaires modernes de l'autre côté de la baie. Les terrasses de poisson grillé s'accrochent aux rochers face à la mer; une salade de tomates au fromage blanc et un verre de vin local y prolongent agréablement la visite.

En retraversant l'isthme

Au retour, le moulin de l'isthme se découpe à contre-jour et la vieille ville se résume à une masse de toits bruns posée sur l'eau. Peu d'escales de la mer Noire offrent une telle densité d'histoire dans un cadre aussi ramassé : on y entre à pied, on y circule à pied, on en ressort la tête pleine de briques byzantines et d'odeurs de figuier. Nessebar se visite en quelques heures et se rappelle à vous longtemps après.