Varna Bulgaria
Bulgaria

Des parures d'or vieilles de plus de six mille ans attendent les passagers à quelques rues du terminal. La nécropole mise au jour aux abords de Varna a livré l'un des plus anciens ensembles d'or travaillé connus au monde, et ce trésor donne la mesure de l'escale : sur cette rive de la mer Noire, chaque époque a laissé sa couche, thrace, grecque, romaine, byzantine, bulgare. L'histoire y commence avant l'écriture, et elle se raconte à pied.

Du quai au centre en quelques minutes

Le terminal jouxte presque le cœur de la cité, un privilège rare sur la mer Noire. On quitte la zone portuaire, on longe les premiers alignements d'arbres, et une quinzaine de minutes de marche suffisent pour rejoindre le Jardin de la mer ou les rues commerçantes. Le centre se découvre ensuite sans transport : places, façades du début du XXe siècle et terrasses se succèdent dans un périmètre compact, agréable à arpenter. Les repères aident à se situer : l'agglomération se classe parmi les plus vieilles villes d'Europe encore habitées, et son opéra, son université et ses festivals en font aujourd'hui la capitale maritime de la Bulgarie.

L'or de Varna

Le musée archéologique mérite la première visite. Dans ses vitrines brillent les bijoux, sceptres et appliques de la nécropole chalcolithique, façonnés entre 4600 et 4200 avant notre ère, bien avant les pyramides d'Égypte. Autour de cet ensemble, les salles déroulent le passé de l'ancienne Odessos : céramiques grecques, stèles romaines, icônes médiévales. On en ressort avec le vertige agréable de celui qui vient de remonter très loin dans le temps.

Les thermes et la cathédrale

À quelques rues de là, les thermes romains dressent leurs arches de brique au milieu d'un quartier tranquille. Bâtis au IIe siècle, ils comptaient parmi les plus vastes de l'Empire et demeurent les plus grands des Balkans; des panneaux aident à imaginer les salles chaudes, les bassins et le va-et-vient des baigneurs d'autrefois. On circule librement entre les pans de murs, qui atteignent par endroits la hauteur d'un immeuble de plusieurs étages. Le contraste est saisissant avec la cathédrale de la Dormition, achevée dans les années 1880, dont les dômes dorés et les intérieurs peints marient influences byzantines et russes. Entre les deux, le boulevard piétonnier Knyaz Boris I aligne cafés, librairies et boutiques : c'est la promenade favorite des gens de la ville, à toute heure du jour.

Le Jardin de la mer

Face au large s'étend le Jardin de la mer, le plus ancien et le plus vaste parc de Varna, environ 85 hectares d'allées ombragées suspendues au-dessus des plages. On y croise le musée naval et son matériel historique, un aquarium à l'ancienne, des parterres soignés et des kiosques où les joueurs d'échecs refont le monde. Sous les platanes et les marronniers, on entend le ressac d'un côté, les fontaines de l'autre; l'ombre y rend les après-midis d'été très supportables. Des escaliers descendent vers le sable : en été, les cabines et les terrasses de plage donnent à cette grande cité balnéaire des airs de station, à cinq minutes des musées.

Repères pour l'escale

SiteDistance du quaiAccès
Jardin de la merEnviron 15 min de marcheÀ pied
Musée archéologiqueEnviron 2 kmÀ pied ou taxi
Thermes romainsMoins de 2 kmÀ pied

En fin de journée, beaucoup de croisiéristes reviennent par les allées du parc, un cornet de glace à la main, pour regarder la lumière baisser sur la baie. Varna laisse ce double souvenir : l'éclat d'un or plus vieux que les légendes et la douceur d'une promenade au-dessus de la mer Noire. On remonte à bord en se disant que les plus anciennes escales sont parfois celles qui paraissent les plus vivantes.