Santo Antao Island Porto Novo, Cape Verde
Cape Verde

1 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Depuis le canal qui sépare Santo Antão de sa voisine São Vicente, l'île se dresse comme une muraille. Des crêtes brunes montent droit de l'Atlantique, sans village apparent, et il faut attendre les derniers milles pour apercevoir Porto Novo, posé au pied des pentes arides de la côte est. Le navire s'amarre directement au quai, agrandi en 2013 pour accueillir les unités de croisière : aucune navette maritime à prévoir. La passerelle débouche sur l'île la plus montagneuse du Cap-Vert, celle que les marcheurs du monde entier viennent arpenter.

Porto Novo, une porte d'entrée sans façade

La petite localité ne cherche pas à séduire au premier regard. Elle vit au rythme du traversier qui la relie à Mindelo, des allées et venues des camionnettes de transport collectif et des pêcheurs qui rentrent en matinée. Près de l'embarcadère, une plage de sable noir rappelle l'origine volcanique du territoire; des sorties à cheval s'y organisent le long du rivage. Quelques cafés servent un expresso serré et un pastel frit en observant le va-et-vient du quai. L'essentiel, pourtant, se cache derrière les sommets.

La route de la Corda, un col vers un autre monde

L'excursion qui définit cette escale emprunte l'Estrada da Corda, une ancienne route pavée qui s'élève en lacets jusqu'à la ligne de partage de l'île. En une quarantaine de minutes, le paysage bascule : la roche nue cède la place à des versants cultivés, puis à des arêtes vertigineuses où s'accrochent des nuages. Chaque virage ouvre une perspective nouvelle sur des vallées profondes et des pitons acérés. Les conducteurs locaux connaissent les points d'arrêt les plus sûrs pour photographier ces gorges encaissées.

Les vallées vertes du versant nord

De l'autre côté du col, la vallée de Ribeira Grande et celle de Paúl concentrent ce que Santo Antão possède de plus étonnant : des terrasses agricoles suspendues où poussent canne à sucre, bananiers, ignames et caféiers. L'irrigation suit des canaux de pierre qui serpentent à flanc de montagne. Dans la ville de Ribeira Grande, le marché municipal, le plus important de l'île, aligne fruits tropicaux, étoffes et gâteaux de manioc; on y entend le crioulo chanter d'un étal à l'autre. Les excursions poussent souvent jusqu'à Fontainhas, un hameau aux maisons peintes accroché à une arête rocheuse au-dessus de la mer, l'un des points de vue les plus photographiés de l'archipel.

Composer avec le temps d'escale

Traverser l'île et en revenir demande l'essentiel de la journée : mieux vaut réserver une excursion organisée ou négocier un aluguer, le taxi collectif local, dès la descente à terre. Ceux qui préfèrent rester près du navire peuvent longer le front de mer, observer les chargements du port de commerce et s'attarder à la plage noire. Les amateurs de pêche sportive trouvent aussi leur compte dans les eaux profondes qui entourent l'île, riches en thons.

Pour les marcheurs

Santo Antão s'est taillé une réputation mondiale auprès des randonneurs, et même une escale courte permet d'y goûter. Les excursions combinent souvent le trajet en véhicule avec une portion de marche dans la vallée de Paúl, la plus luxuriante de l'archipel : on y descend entre les cultures étagées, les manguiers et les maisons isolées, salué au passage par les paysans qui travaillent leurs parcelles. Prévoir de bonnes chaussures, un chapeau et de l'eau; le soleil tape fort dès le milieu de la matinée, même quand les sommets restent pris dans les nuages.

Le retour par le col

Au retour, la route repasse du vert à l'ocre en quelques kilomètres, comme si deux îles distinctes se partageaient le même nom. C'est ce contraste que l'on emporte en remontant à bord : le souvenir d'un territoire rude en apparence, qui réserve ses jardins suspendus à ceux qui prennent la peine de franchir ses sommets. Santo Antão ne se livre pas depuis le quai; elle récompense ceux qui montent voir.