Peu de villes chinoises ressemblent à Dalian. Bâtie sur les collines d'une péninsule du Liaoning, face à la mer Jaune, elle doit son visage aux Russes qui la fondèrent à la fin du XIXe siècle, aux Japonais qui la développèrent ensuite, puis à la Chine moderne qui en a fait l'un de ses grands ports libres de glaces. Le résultat étonne dès l'arrivée : des places circulaires à l'européenne, des façades centenaires, de vieux tramways, et une skyline contemporaine posée entre plages et espaces verts. Le terminal de croisière international, situé dans le district du port Est, place tout cela à quelques minutes du navire.
Du quai au centre historique
Une navette relie habituellement le terminal à la place Zhongshan, cœur historique du centre-ville, et la nouvelle ligne 2 du métro dessert le secteur du quai comme les stations du centre. L'endroit vaut à lui seul le déplacement : parfaitement circulaire, elle rayonne en dix avenues et s'entoure d'une couronne de bâtiments d'époque russe et japonaise — anciennes banques, hôtels et administrations aux colonnades soignées. Le soir, les habitants s'y retrouvent pour danser en plein air, sous les façades illuminées; en journée, on en fait le tour à pied en levant les yeux vers les corniches, les dômes et les horloges de chaque édifice, témoins d'un siècle mouvementé.
La rue russe et les tramways
Au nord du centre, la rue russe aligne les maisons restaurées du premier quartier colonial, aujourd'hui occupées par des boutiques de souvenirs, des cafés et des restaurants. L'ensemble a des airs de décor, mais les bâtiments d'origine y côtoient les reconstructions, et la promenade donne une idée du Dalian de 1900, quand la ville s'appelait Dalny et servait de débouché ferroviaire à la Russie impériale. Pour rejoindre les autres quartiers, les tramways historiques qui circulent encore sur certaines lignes offrent un moyen de transport à la fois pratique et plein de caractère, rare dans les villes chinoises.
Xinghai, la démesure au bord de l'eau
Côté mer, l'esplanade Xinghai — la « mer d'étoiles » — s'annonce comme la plus vaste place urbaine du monde. Pelouses, sculptures et pistes cyclables descendent vers une promenade littorale où les familles font voler des cerfs-volants face à la baie. Le contraste avec l'intimité du rond-point historique résume le caractère du lieu : un pied dans son histoire coloniale, l'autre dans le gigantisme de la Chine contemporaine. Les amateurs de fruits de mer trouveront dans les restaurants voisins la spécialité locale par excellence, servie au poids et d'une fraîcheur irréprochable.
Une ville tournée vers la mer
Entre deux places, Dalian cultive un art de vivre balnéaire inhabituel sous ces latitudes : la côte découpée de la péninsule alterne criques, plages et sentiers panoramiques, et les habitants profitent du littoral dès les beaux jours. Cette douceur maritime, ajoutée aux parcs et aux avenues plantées, vaut à la ville une réputation de qualité de vie que les Chinois du Nord lui envient.
S'orienter facilement
| Élément | Détail |
| Accostage | Terminal international de croisière, district du port Est |
| Vers le centre | Navette vers la place Zhongshan; métro ligne 2 à proximité du quai |
| À voir à pied | Rond-point Zhongshan, rue russe, front de mer |
| Plus éloigné | Esplanade Xinghai et sa promenade littorale |
| Spécialité | Fruits de mer de la mer Jaune |
Retour au navire
En regagnant le navire, on repasse souvent par le rond-point au moment où les danseurs installent leurs haut-parleurs sous les réverbères. Dalian laisse cette impression singulière d'une ville chinoise qui aurait grandi entre plusieurs mondes sans en renier aucun. Pour beaucoup de croisiéristes, elle constitue la surprise du voyage en Asie du Nord — celle dont on ne savait rien et dont on parle ensuite le plus.