Lianyungang China

Un singe de légende veille sur cette côte de la mer Jaune. Lianyungang, grande cité portuaire du Jiangsu, s'enorgueillit d'avoir inspiré l'un des quatre romans classiques de la littérature chinoise : La Pérégrination vers l'Ouest, dont le héros, le roi des singes Sun Wukong, serait né sur la montagne aux Fleurs et aux Fruits qui domine les environs. Pour les croisiéristes en itinéraire asiatique, l'arrêt offre une plongée dans une Chine littéraire et populaire que les grands circuits ignorent souvent, entre temples perchés, vieille rue marchande et bords de mer fréquentés par les familles du cru.

Un quai moderne, un centre à rejoindre

Les navires accostent au terminal international de croisière du nouveau secteur portuaire est, face à la mer Jaune. Le centre urbain se trouve à une vingtaine de kilomètres, soit 30 à 50 minutes de navette ou de taxi selon la circulation. Comme souvent en Chine, les excursions organisées simplifient grandement la journée : peu d'indications en anglais, paiements mobiles omniprésents et distances qui se sous-estiment facilement depuis la carte du bord.

La demeure du roi des singes

Le site majeur de l'escale porte le classement touristique le plus élevé du pays. Le massif de Huaguo déploie ses sentiers dans une forêt dense où cascades et passerelles se succèdent jusqu'à la grotte du Rideau d'eau, dissimulée derrière une chute : la demeure du héros dans le roman. Les visiteurs chinois s'y photographient avec bonheur, et de vrais macaques, nullement intimidés, patrouillent les escaliers en quémandant leur part du pique-nique. Le pic de la Fille de jade, point culminant de la province du Jiangsu, récompense la montée d'un panorama qui s'étend des toits urbains jusqu'à la mer. Les pentes abritent aussi le palais Sanyuan, un temple d'histoire ancienne, et une pagode réputée la plus vieille du nord de la province.

Entre vieille rue et bord de mer

De retour vers la côte, la vieille rue de Lianyungang aligne des bâtiments du début du vingtième siècle, héritage de l'époque où le commerce maritime a ouvert la région aux influences étrangères. On y flâne entre maisons de thé, échoppes d'artisanat et petits restaurants où les produits de la mer Jaune tiennent la vedette, crabes et coquillages en tête. Plus près du terminal, l'île de Liandao, reliée au continent par une digue, offre plages, promenades et marchés de poissons, rendez-vous estival des habitants qui viennent y chercher la brise.

Des gravures venues du fond des âges

Les curieux d'archéologie demanderont un détour par les pétroglyphes de la falaise Jiangjun, des gravures rupestres vieilles de plusieurs millénaires représentant visages, astres et cultures, que certains chercheurs chinois surnomment le « livre céleste de l'Orient ». Le site, modeste en apparence, compte parmi les plus anciens témoignages d'art rupestre de la côte chinoise, et sa visite ne demande qu'une heure, ce qui permet de la combiner avec les autres étapes de la journée.

Les distances en un coup d'œil

DestinationDepuis le terminal
Centre urbain30 à 50 minutes
Massif de HuaguoEnviron une heure de route
Île de LiandaoSecteur proche du terminal

Prévoir de l'argent liquide en yuans ou une solution de paiement compatible avec les applications chinoises, et garder la carte de contact du navire : les chauffeurs parlent rarement autre chose que le mandarin. Une marge d'une heure sur le retour met à l'abri des imprévus de circulation.

Lianyungang ne figure sur aucune liste des escales célèbres d'Asie, et c'est ce qui fait son intérêt. On y observe une Chine à hauteur d'habitants, entre légende du roi des singes, temples de pente et front de mer populaire. Le voyageur qui a grimpé jusqu'au rideau d'eau de la grotte comprendra pourquoi quatre siècles de lecteurs chinois rêvent encore de ces sommets.