Une lumière blanche, presque équatoriale, accueille les navires à la pointe sud de l'île de Hainan. Sanya occupe l'extrémité méridionale de la Chine, et son climat doux à longueur d'année en a fait la grande station balnéaire du pays. Les paquebots se rangent au terminal international de Phoenix Island, un îlot aménagé relié au centre-ville par un pont : une dizaine de minutes de marche suffisent pour rejoindre la terre ferme et plonger dans l'ambiance de cette cité tournée vers la mer.
Premiers pas entre baies et promenades
Autour du port s'étire la baie de Sanya, bordée d'une longue allée plantée de cocotiers où déambulent familles locales et vacanciers venus du nord du pays. À courte distance en taxi, la baie de Dadonghai offre l'accès le plus simple au sable et à la baignade, avec ses eaux calmes et ses terrasses de fruits de mer. C'est le visage quotidien de la ville : détendu, animé, résolument tropical, où l'on entend le mandarin se mêler au bruit des vagues. En soirée, les allées s'illuminent et les familles s'attardent sur le sable jusqu'à la nuit tombée, cerfs-volants au bout des doigts.
Yalong, la baie des grands hôtels
Les excursions mettent souvent le cap sur la baie de Yalong, à environ 25 kilomètres du terminal. Son croissant de sable clair, considéré comme le plus beau de l'île, est adossé à des collines couvertes de forêt tropicale. Le parc forestier qui domine le site se parcourt en navette, en télécabine ou par sentiers; passerelles et belvédères y ménagent des vues plongeantes sur les eaux turquoise et les toits des grands complexes hôteliers. Les amateurs de nature y observent une flore exubérante, des papillons et parfois des singes.
Nanshan et la Guanyin des mers
Autre grand classique de l'escale : la zone culturelle bouddhique de Nanshan, à une quarantaine de kilomètres vers l'ouest. Dans un vaste parc en bord de mer se dresse la statue de Guanyin des mers du Sud, haute de 108 mètres, érigée sur un îlot face aux flots, la plus haute statue océanique du monde. Temples, jardins et allées fleuries composent un ensemble serein où les fidèles brûlent de l'encens face à l'horizon. Prévoir une demi-journée pour l'aller-retour et la marche sur place.
Organiser sa journée
Le choix se résume à une question de distances. Rester en ville permet de combiner promenade du front de mer, plage de Dadonghai et marchés sans jamais s'éloigner de plus d'un quart d'heure du terminal. Choisir Nanshan ou Yalong exige au contraire de bloquer une demi-journée, transport compris, et de garder une marge confortable avant l'heure limite de retour. Les taxis se négocient à la sortie du complexe portuaire; convenir du prix avant le départ évite les malentendus, et une carte des lieux en caractères chinois facilite grandement la conversation.
Saveurs de Hainan
Entre deux baignades, la table locale mérite un détour : poissons entiers cuits vapeur, nouilles sautées aux crevettes, noix de coco fraîche ouverte à la machette et fruits tropicaux vendus au poids dans les marchés. Les restaurants du bord de mer affichent leurs prises du jour dans des bacs; on choisit, on pèse, on déguste. Une façon simple de goûter l'île sans programme précis.
Une Chine inattendue
Beaucoup de voyageurs descendent à terre en s'attendant à une métropole trépidante; ils remontent à bord avec le souvenir de plages en amande, d'une statue dressée au-dessus des flots et d'une douceur de vivre qui contraste avec l'image habituelle du pays. Sanya rappelle que la Chine possède aussi son sud insulaire, ses cocotiers et son horizon marin. Il fallait venir jusqu'à cette pointe de Hainan pour le constater.