Tortuga Island Costa Rica

30 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Des cocotiers penchés jusqu'à frôler la mer, un croissant de sable pâle et une eau qui passe du turquoise au vert jade : Isla Tortuga ressemble à l'idée qu'on se fait d'une journée entière consacrée au Pacifique. L'îlot se cache dans le golfe de Nicoya, au large de la côte ouest du Costa Rica, face à la pointe sud-est de la péninsule du même nom. L'endroit est inhabité, sans hôtel ni village, réservé aux visiteurs de jour, et les navires de petite taille en ont fait l'une de leurs haltes balnéaires préférées entre deux escales d'Amérique centrale.

L'arrivée en chaloupe

Le mouillage se prend dans les eaux abritées du golfe, où la houle du Pacifique arrive assagie. La traversée depuis le navire offre déjà un aperçu du décor : des reliefs boisés qui tombent dans une mer d'huile, des frégates suspendues dans le ciel, et cette bande de sable qui grossit à mesure que la chaloupe approche. Le débarquement se fait directement sur le rivage, pieds nus, et donne le ton du reste de la journée. Depuis la plage, on embrasse d'un regard tout le décor : la forêt tropicale sèche qui grimpe sur les hauteurs, les îlots voisins de la réserve biologique des Negritos et les pélicans qui plongent au large.

Une plage faite pour durer

Le sable clair s'étire sur plusieurs centaines de mètres, ombragé par les palmes. Selon les compagnies, chaises longues, tables et rafraîchissements attendent à terre, et des grillades se préparent parfois sous les arbres. L'eau reste calme et peu profonde près du bord, ce qui rassure les nageurs occasionnels autant que les familles. Les plus actifs trouvent kayaks, pédalos et ballons de volleyball; les autres, un tronc incliné en guise de dossier et le bruit régulier du ressac.

Masque et tuba

Les pointes rocheuses qui ferment la baie abritent l'essentiel de la vie sous-marine. Poissons-anges, bancs de sergents-majors, raies posées sur le fond et parfois une tortue de passage : la visibilité, souvent excellente en saison sèche, transforme quelques brasses en observatoire flottant. Les excursions fournissent généralement l'équipement, et certaines organisent des sorties en bateau vers des fonds plus poissonneux autour des Negritos. Mieux vaut nager tôt : la lumière du matin traverse la surface presque sans obstacle, et les bancs de poissons se tiennent alors près des rochers.

Le sentier du belvédère

Pour varier la journée, un sentier s'enfonce dans la forêt sèche et grimpe vers un point de vue qui domine le mouillage. La montée réclame de bonnes sandales et une gourde, mais la récompense arrive vite : le golfe déroule ses eaux laiteuses, piquées d'îles, jusqu'aux montagnes de la péninsule de Nicoya. En chemin, on croise des bernard-l'ermite par dizaines, des iguanes immobiles sur les rochers et les allées venues bruyantes des oiseaux de la forêt sèche.

L'art de ne rien faire

Le reste appartient au rythme de chacun. Certains enchaînent baignades et parties de volleyball, d'autres somnolent à l'ombre en surveillant vaguement l'horizon, où passent les barques des pêcheurs de la péninsule. Le nom de l'endroit viendrait d'ailleurs des tortues marines qui fréquentent ces parages, et non des pirates auxquels la légende locale aime pourtant l'associer. Les heures s'étirent, ponctuées par le va-et-vient des chaloupes et l'odeur des grillades. C'est exactement ce que promettait l'îlot vu du navire : une parenthèse simple, sans programme ni obligation.

On repart souvent à contrecœur, un dernier bain encore frais sur la peau. Depuis le pont, la petite île reprend sa silhouette verte posée sur le golfe, déjà rendue aux pélicans. Tortuga rappelle qu'une réussite d'escale tient parfois à peu de choses : du sable, une eau claire et des heures qui passent sans que personne les compte.