North Seymour Island Galapagos
Ecuador

1132 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Celebrity Cruises (61 Croisières)

Croisière Celebrity Flora navire

Celebrity Flora

100 Passagers
5739 tonnes
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HX Expeditions (82 Croisières)

MS Santa Cruz II.

MS Santa Cruz II

2664 tonnes
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Lindblad Expeditions (871 Croisières)

National Geographic Delfina

National Geographic Delfina

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National Geographic Endeavour II

National Geographic Endeavour II

159 Passagers
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National Geographic Gemini

National Geographic Gemini

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National Geographic Islander II

National Geographic Islander II

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Silversea Cruises (36 Croisières)

Tauck Cruises (82 Croisières)

Santa Cruz II22

Santa Cruz II

90 Passagers
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Un ballon rouge vif se gonfle dans les buissons gris, à deux pas du débarcadère : un mâle frégate fait la roue pour le ciel entier. Autour de lui, des dizaines d'autres poches écarlates palpitent au soleil des Galápagos. North Seymour tient sur moins de deux kilomètres carrés, et pourtant peu d'îles de l'archipel concentrent autant de vie visible à si courte distance du sentier.

Une île née soulevée

Contrairement à ses voisines volcaniques aux cônes marqués, North Seymour est une plateforme de lave sous-marine que les mouvements de la croûte terrestre ont soulevée hors de l'eau : d'où son profil plat, presque tabulaire, couvert de broussailles épineuses et de palo santo argentés qui embaument après la pluie. Les petits navires d'expédition et les vedettes venues de Santa Cruz y débarquent leurs passagers directement sur des rochers sombres, en débarquement sec, avant une boucle guidée d'environ deux kilomètres et demi entre l'intérieur des terres et la côte battue par les vagues. La règle des Galápagos s'applique dans toute sa rigueur : guide obligatoire, sentier balisé, deux mètres de distance avec les animaux — quand ce sont eux qui ne s'installent pas au milieu du passage. Chapeau, eau et bonnes chaussures s'imposent, car l'île n'offre aucune ombre digne de ce nom; les visites ont lieu tôt le matin ou en fin d'après-midi, quand la chaleur retombe et que la lumière dore les rochers.

Le grand théâtre des frégates

L'île abrite la plus grande colonie de frégates de l'archipel. En saison de parade, les mâles renversent la tête, déploient leurs ailes et font vibrer leur poche gulaire rouge en un tambourinement sourd pour séduire les femelles qui tournoient au-dessus; les couples installés couvent ensuite un poussin duveteux que l'on aperçoit, boule blanche, au ras des nids. Le spectacle se joue à hauteur d'homme, dans les arbustes qui bordent le passage. Ces oiseaux immenses, capables de planer des jours entiers sans se poser, pratiquent aussi la piraterie : on les voit harceler les fous en plein vol jusqu'à leur faire lâcher leur pêche, qu'ils rattrapent avant l'eau.

Les danseurs aux pieds bleus

Leurs victimes favorites nichent à quelques mètres : les fous à pieds bleus, vedettes involontaires des Galápagos. Leur parade nuptiale, entre sifflements du mâle, réponses rauques de la femelle, révérences et lents levers de pattes turquoise, déclenche des sourires sur tous les visages. Le sol accueille aussi les terriers des iguanes terrestres, gros lézards jaunes friands de fleurs de cactus, descendants d'individus déplacés ici depuis l'île voisine de Baltra dans les années 1930 — l'espèce y a survécu alors qu'elle disparaissait de son île d'origine, et les naturalistes racontent volontiers cette histoire de sauvetage involontaire devenu un cas d'école de la conservation. Côté mer, les otaries somnolent sur les rochers noirs, indifférentes aux photographes, pendant que les mouettes à queue d'aronde, seules mouettes nocturnes du monde, veillent par paires sur les corniches, leurs grands yeux cerclés de rouge tournés vers le large.

Repartir à regret

La boucle se termine face aux rouleaux, où les embruns rafraîchissent la fin de marche et où les crabes rouges détalent entre les pierres. On remonte à bord lentement, en se retournant plusieurs fois : les poches écarlates palpitent toujours dans les buissons, parfaitement indifférentes au départ des visiteurs, et les otaries n'ont pas bougé d'un centimètre depuis le débarquement. C'est la grande leçon de North Seymour, et des Galápagos entières : ici, l'être humain n'est qu'un spectateur de passage, toléré sur un étroit ruban de sentier. Une heure et demie sur cette île change durablement la façon de regarder un oiseau — et donne envie de mériter, un jour, une seconde invitation.