Entre le désert d'Arabie et la mer Rouge, Hurghada s'étire sur des dizaines de kilomètres de rivage, face à des récifs coralliens qui comptent parmi les plus vivants de la planète. L'ancien village de pêcheurs devenu grande station balnéaire égyptienne accueille les navires à son port, au cœur du secteur de Sekalla; la marina moderne et ses cafés se trouvent à courte distance, et la vieille ville d'El Dahar à quelques kilomètres au nord.

La mer Rouge avant tout

On vient d'abord ici pour l'eau. Transparente, tiède presque toute l'année, elle abrite des jardins de corail où évoluent poissons-papillons, poissons-clowns, murènes et tortues. Les excursions en bateau vers les îles Giftun, avec leurs bancs de sable clair posés sur le turquoise, combinent baignade et apnée au-dessus des récifs; les centres de plongée, nombreux et bien rodés, proposent baptêmes et sorties pour plongeurs certifiés. Ceux qui préfèrent rester au sec optent pour les bateaux à fond de verre, un semi-sous-marin, ou encore le grand aquarium de la ville, qui présente la faune de la mer Rouge aux familles avec de jeunes enfants.

La marina et le front de mer

Autour de la marina, les quais piétonniers alignent cafés, restaurants de poisson grillé et terrasses où l'on fume le narguilé face aux yachts. La grande mosquée El Mina, avec ses deux minarets de 40 mètres, veille sur le bassin voisin et se laisse admirer de l'extérieur par tous. En fin de journée, la promenade s'anime doucement : familles égyptiennes, vacanciers de toutes langues, vendeurs de jus de canne.

El Dahar, l'ancienne Hurghada

Pour toucher l'Égypte quotidienne, cap sur El Dahar, le quartier historique. Son souk propose épices en pyramides, hibiscus séché, cotonnades, cuivres et souvenirs; le marchandage y est un rituel bon enfant, et l'on repart souvent avec un sachet de karkadé offert en prime du thé; prévoyez un peu de temps, car les allées se ressemblent et l'on s'y perd volontiers. Le rituel fait partie de l'échange. Les ruelles alentour, avec leurs cafés d'hommes attablés devant le thé et les parties de dominos, offrent un contraste net avec les complexes hôteliers du littoral. On s'y déplace en taxi depuis le port, en convenant du prix avant de monter.

Le désert aux portes de la ville

Derrière la bande côtière commence le désert oriental, domaine des montagnes ocre et des campements bédouins. Les excursions d'une demi-journée y mènent en véhicule tout-terrain, avec thé sous la tente, pain cuit sur la braise et coucher de soleil sur les crêtes. Le silence minéral de ces paysages, à vingt minutes des piscines, surprend chaque fois. Quant aux temples de Louxor, ils se trouvent à environ quatre heures de route : certaines compagnies proposent cette très longue journée continentale, réservée à ceux que ni la route ni la chaleur ne rebutent, et qui rêvent de voir Karnak une fois dans leur vie.

Notes pratiques

  • Port au secteur de Sekalla : marina accessible à pied ou en quelques minutes de taxi.
  • El Dahar et son souk : environ 5 km au nord du port.
  • Îles Giftun : 45 minutes à une heure de bateau.
  • Monnaie : la livre égyptienne; convenir des prix des taxis à l'avance.

Le récif en mémoire

Vue de la passerelle au départ, la côte redevient ce qu'elle a toujours été : une ligne de sable entre deux immensités, l'une minérale, l'autre liquide. De cette escale, chacun rapporte son image, le vol d'une raie au-dessus du corail, les minarets dans la lumière du soir ou le thé brûlant d'un campement bédouin. La mer Rouge a ce talent : elle imprime ses couleurs longtemps après qu'on l'a quittée.