Ici, le désert tombe directement dans la mer Rouge, et les récifs commencent là où finissent les dunes. Port Ghalib, station intégrée bâtie autour d'une marina en eau profonde sur la côte de Marsa Alam, sert de porte d'entrée maritime au sud égyptien; les navires s'amarrent dans l'enceinte de la marina, à quelques pas de la promenade. L'aéroport international se trouve à cinq minutes de route, la première oasis de corail à quelques encablures. L'escale s'adresse avant tout aux amoureux de la mer, de la plongée et des horizons dépouillés. Les soirées y sont douces, hiver comme été.
Un front de mer taillé dans la roche
La promenade du front de mer aligne cafés, terrasses à chicha, boutiques d'huiles et d'épices et un souk couvert où les artisans vendent lampes de cuivre et coton égyptien. L'ensemble, récent et soigné, se parcourt à pied en quelques minutes; les amateurs de photographie viendront en fin de journée, quand les montagnes du désert Arabique virent au rose derrière les mâts des yachts.
Les récifs du Sud, parmi les plus beaux d'Égypte
La région est réputée pour des fonds mieux préservés que ceux du nord de la mer Rouge. Depuis les pontons, les sorties de la journée mettent le cap sur des baies dont les plongeurs se répètent les noms : Marsa Mubarak, où broutent parfois des dugongs dans les herbiers, ou les jardins de corail voisins fréquentés par les tortues vertes. Masque et tuba suffisent pour flotter au-dessus de poissons-clowns, murènes et bancs de fusiliers; les centres de plongée encadrent les baptêmes comme les explorations plus poussées. Les centres appliquent des règles strictes, ne rien toucher, ne rien rapporter, garder ses distances avec les animaux : la meilleure garantie de retrouver ces jardins vivants d'une année à l'autre.
L'arrière-pays minéral
L'arrière-pays se prête aux escapades de quelques heures : safaris en véhicule tout-terrain ou en quad à travers les vallées minérales, haltes dans des campements bédouins autour d'un thé à la menthe, observation du ciel étoilé pour les départs en soirée. Ces sorties, simples et bien rodées, révèlent des paysages de montagnes ocre que la plupart des visiteurs de l'Égypte classique ne soupçonnent pas.
Plus loin sur la côte des dromadaires
Les escales prolongées permettent de pousser vers le sud jusqu'au parc national de Wadi el Gemal, la « vallée des dromadaires », qui protège à la fois un désert de granit, des mangroves et des plages où pondent les tortues. Gazelles et oiseaux marins s'y observent en compagnie d'un guide, et la route littorale qui y mène offre un défilé continu de baies désertes. C'est l'un des rares endroits d'Égypte où l'on peut, dans la même journée, marcher dans un lit d'oued minéral et nager au-dessus d'un récif intact.
Composer son escale
- Matinée : sortie d'apnée ou de plongée vers une baie aux herbiers, retour pour le lunch à quai.
- Après-midi : flânerie au souk, baignade sur les plages des complexes voisins ouvertes aux visiteurs de passage.
- Au crépuscule : thé sur la promenade face aux montagnes embrasées.
Les distances étant courtes, aucune logistique complexe : tout part des pontons ou des comptoirs d'excursions du front de mer. Prévoir crème solaire à indice élevé, chapeau et protection contre le vent du désert, sec et constant.
À l'appareillage, le contraste saisit une dernière fois : d'un côté l'aridité absolue des montagnes, de l'autre la profusion de vie des récifs, séparées par une simple ligne d'écume. Marsa Alam rappelle que l'Égypte ne se résume pas aux pierres des pharaons; sous la surface, un autre monument se construit depuis des millénaires, corail par corail, dans le silence bleu de la mer Rouge.