Il fait encore nuit quand les autocars quittent le quai, phares allumés vers l'ouest. Devant eux, trois heures de désert oriental, ses montagnes ocre et ses plaines de pierre — puis, soudain, la vallée verte du Nil et les colonnes de Karnak dans la lumière du matin. Safaga est de ces escales que l'on choisit moins pour elles-mêmes que pour la promesse qu'elles portent : Louxor, l'ancienne Thèbes, capitale des pharaons du Nouvel Empire.
Un débarcadère tourné vers la vallée du Nil
Le terminal de Safaga est un môle commercial en activité, sans fioritures : les formalités s'y font rapidement et les excursions attendent au pied de la passerelle. La ville elle-même, station de la mer Rouge d'une taille modeste, s'étire à une dizaine de kilomètres au nord du môle. La plupart des passagers n'en verront que les palmiers du bord de route, car l'essentiel se joue ailleurs — à environ 230 kilomètres à l'intérieur des terres, au bord du plus célèbre fleuve du monde.
Louxor, la journée des superlatifs
L'expédition demande de l'endurance : départ à l'aube, retour à la nuit, environ trois heures de route dans chaque sens. En échange, elle offre ce que l'Égypte a de plus grandiose. Sur la rive est, le temple de Karnak déploie sa forêt de colonnes hautes comme des immeubles, agrandie par les pharaons pendant deux millénaires; le temple de Louxor, relié jadis à Karnak par une allée de sphinx aujourd'hui restaurée, veille sur le centre-ville. Sur la rive ouest, la Vallée des Rois cache les tombeaux peints de Toutankhamon et de ses pairs, creusés au secret des falaises, tandis que le temple en terrasses de la reine Hatchepsout s'adosse à la montagne thébaine. Les circuits combinent généralement deux ou trois de ces sites, avec traversée du Nil et repas inclus.
Rester au bord de la mer Rouge
Tous les passagers ne partent pas vers les pharaons, et Safaga a des arguments pour les retenir. Ses fonds marins comptent parmi les beaux jardins coralliens de la côte : les sorties de plongée-tuba et de plongée bouteille explorent des récifs colorés fréquentés par les poissons-papillons et les tortues. Les plages des environs, appréciées des véliplanchistes pour leurs vents constants, permettent une pause balnéaire toute simple; certains établissements de la baie voisine de Soma ouvrent leurs installations aux visiteurs de passage. Quant à Hurghada, à une cinquantaine de kilomètres au nord, elle offre marinas et promenades pour qui préfère l'animation.
Préparer sa journée
| Option | Durée approximative | Pour qui ? |
| Louxor : Karnak et Vallée des Rois | 12 à 14 heures | Passionnés d'histoire, premier voyage en Égypte |
| Récifs coralliens en bateau | 3 à 5 heures | Amateurs de monde sous-marin |
| Plage et baie de Soma | Demi-journée | Détente, familles |
| Hurghada et sa marina | Demi-journée | Flânerie, magasinage |
Bon à savoir
- Prévoir passeport ou pièce exigée par la compagnie pour les excursions hors du secteur portuaire — les consignes précises sont communiquées la veille à bord.
- Chaleur sèche marquée de mai à septembre : eau en quantité, chapeau et protection solaire.
- Petites coupures en dollars, euros ou livres égyptiennes utiles pour pourboires et achats.
Au retour des autocars
Le soir, quand les groupes remontent la passerelle, poussiéreux et silencieux, il suffit d'écouter les conversations pour mesurer ce qui vient d'être vécu : chacun raconte sa colonne, son tombeau, son instant devant le Nil. Safaga s'efface alors derrière ce qu'elle a permis — et c'est sans doute la plus belle réussite d'un port d'escale : ouvrir la porte d'un monde trois fois millénaire, le temps d'une seule escale.