Parnu Estonia
Estonia

Les Estoniens ont un mot pour Pärnu : suvepealinn, la capitale d'été. Dès la fin juin, le pays entier semble converger vers cette ville du golfe de Riga, ses cafés en plein air et son immense plage de sable blond. Les navires d'expédition et les petites unités qui font escale ici remontent l'embouchure de la rivière Pärnu et s'amarrent à courte distance du centre : quelques minutes de marche suffisent pour atteindre les premières maisons anciennes.

Une vieille ville aux couleurs pastel

Le noyau historique se parcourt sans plan. La rue Rüütli, piétonne, aligne demeures de bois peint, galeries et terrasses. Au détour d'une ruelle apparaît la Tour rouge, dernier vestige des fortifications médiévales, devenue un petit espace d'exposition. Plus loin, la porte de Tallinn, percée dans les remparts de terre élevés à l'époque suédoise, ouvre un passage voûté vers les fossés devenus jardins. On y prend la mesure d'une cité qui fut hanséatique avant de devenir balnéaire. Deux églises du XVIIIe siècle ajoutent leurs silhouettes au tableau : Sainte-Élisabeth, au clocher baroque élancé, et Sainte-Catherine, coiffée de bulbes orthodoxes vert-de-gris.

Trois kilomètres de sable

De l'autre côté du parc, la plage déploie près de trois kilomètres de sable fin, bordés d'une promenade où alternent cafés, terrains de volleyball et jeux d'enfants. L'eau de la baie, peu profonde, se réchauffe vite en été, ce qui explique les familles installées dès le matin. Les pavillons fonctionnalistes des années 1930, aux lignes blanches et arrondies, rappellent que la station fut aussi un laboratoire d'architecture moderne. Même hors saison, la promenade vaut le détour : le vent y sculpte les dunes basses et les couchers de soleil s'y étirent longuement sur la Baltique.

La tradition des bains

Pärnu doit sa réputation à ses bains de boue, inaugurés en 1838, qui attirèrent bientôt les curistes de tout l'Empire russe. L'ancien établissement néoclassique, coiffé d'un fronton à colonnes, a été converti en hôtel thermal, mais la tradition du mieux-être se poursuit dans la dizaine de spas de la station. S'offrir un soin ou une heure de piscine entre deux promenades reste une façon très locale de vivre l'escale.

Villas de bois et vie de quartier

Entre la plage et le centre s'étend un quartier de villas de bois ouvragées, construites pour les estivants d'autrefois. Leurs vérandas vitrées, leurs tourelles et leurs jardins de pivoines composent un décor paisible que l'on traverse à pied ou à vélo. En chemin, les parcs se succèdent, ombragés de tilleuls, et les kiosques vendent fraises et petits pains à la cannelle selon la saison. Les amateurs d'architecture repèrent au passage des perrons ouvragés dignes d'un musée en plein air.

Repères pratiques

  • Amarrage au port fluvial, à distance de marche du centre; taxis disponibles au besoin.
  • Vieille ville, plage et quartier des villas : un triangle compact, agréable à pied ou à vélo.
  • Soins thermaux : réserver à l'avance en été, la demande est forte.
  • Monnaie : euro. L'anglais est courant chez les commerçants; le russe et le finnois aussi.

Avant que l'été ne s'éloigne

En regagnant le navire le long de la rivière, on croise des pêcheurs à la ligne et des kayakistes qui rentrent au ponton. Pärnu ne cherche pas à impressionner : elle cultive l'art des vacances simples, celui des glaces fondantes, des planchers de bois chauds sous les pieds nus et des soirées qui n'en finissent plus. C'est précisément ce qui retient : on se surprend à consulter le calendrier des étés estoniens avant même d'avoir quitté le quai.