Nanortalik Greenland
Greenland

69 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Seabourn Cruise Line (31 Croisières)

Nanortalik signifie « l'endroit où vont les ours polaires ». Les visiteurs n'en croiseront vraisemblablement pas : les ours n'y passent qu'en de rares occasions, portés par la banquise dérivante. Mais le nom donne le ton de la ville la plus méridionale du Groenland, un bourg d'un millier d'habitants posé sur une île rocheuse, entre fjords et sommets de granit, que les navires d'expédition abordent au mouillage, en transbordeur.

Débarquer au bout du Sud groenlandais

Le canot dépose les passagers à un appontement central : cinq minutes suffisent pour rejoindre les premières maisons de bois peintes en rouge, en bleu ou en jaune moutarde. Pas de circulation, peu de bruit; le rythme est celui des habitants, des chiens et du vent. On salue, on est salué. Dans l'épicerie locale comme sur le rivage, l'accueil est direct et sans mise en scène.

Le vieux havre et son musée à ciel ouvert

Autour de l'ancien port colonial, une quinzaine de bâtiments des XIXe et XXe siècles composent un musée en plein air. Tonnellerie, forge, maisons de commerce : les intérieurs reconstitués racontent la chasse au phoque, la pêche et la vie quotidienne d'autrefois, kayaks de peau et vêtements traditionnels à l'appui. L'église de bois, consacrée en 1916, veille sur l'ensemble. La visite se fait au gré des portes ouvertes, souvent en compagnie d'un guide du village.

Le granit, les sources chaudes et la vallée aux arbres

Les alentours donnent la mesure du Sud groenlandais. Le fjord de Tasermiut, que plusieurs itinéraires remontent en bateau, aligne des parois de granit qui attirent les grimpeurs du monde entier. Sur l'île d'Uunartoq, des sources naturelles tiédissent un bassin où l'on se baigne face aux icebergs — un contraste dont on se souvient. Quant à la vallée de Qinngua, elle abrite l'unique forêt naturelle du pays, bouleaux et sorbiers nichés à l'abri des vents. Ces excursions dépendent de la météo et se réservent à bord.

Marcher vers le Quassik

Pour ceux qui restent près du bourg, le sentier du Quassik grimpe vers un belvédère rocheux en une heure de marche environ. Du sommet, la vue porte sur la mosaïque de toits colorés, les îlots et, au large, les silhouettes blanches qui dérivent lentement vers l'Atlantique. Le silence, à peine rayé par les sternes, fait partie du paysage.

Bien vivre son escale

Quelques habitudes rendent la visite plus douce. La météo du Sud groenlandais change vite : on s'habille en couches, coupe-vent sur le dessus, même sous un ciel bleu. Les paiements se font en couronnes danoises, souvent par carte, mais l'artisanat s'achète parfois en espèces directement des mains de son créateur — sculptures d'os ou de pierre, tricots de laine. Avant de photographier une personne ou une maison de près, un sourire et un geste de la main suffisent à demander la permission. Ce sont de petites attentions, et elles ouvrent bien des portes.

Le temps long du Sud

Il faut accepter que tout, ici, dépende du ciel et de la mer : un débarquement retardé par la houle, une excursion remaniée par le brouillard font partie du voyage. Les habitués le savent et gardent l'horaire souple. En échange, le Sud groenlandais offre des instants qu'aucun programme ne garantit — un aigle au-dessus du mouillage, un iceberg qui vire au bleu profond à la faveur d'un rayon.

Repères d'escale

ÉlémentRepère
Débarquementen transbordeur, appontement central
Musée en plein air5 minutes à pied
Sentier du Quassikenviron 1 h de montée
Tasermiut et Uunartoqexcursions en bateau, selon la météo

Quand le canot repart

Au retour vers le navire, les maisons de Nanortalik se fondent peu à peu dans le gris du granit. On n'aura pas vu d'ours, et personne ne s'en plaint. On aura vu mieux : une communauté qui vit sereinement aux confins du monde habité, entre un fjord de légende et un bassin d'eau chaude posé au milieu des glaces.