Narsarsuaq Greenland
Greenland

4 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Une piste d'atterrissage au milieu des fjords : voilà d'abord ce qu'est Narsarsuaq. En 1941, l'armée américaine choisit cette langue de terre du Sud groenlandais pour y bâtir la base aérienne Bluie West One, maillon des liaisons transatlantiques de la Seconde Guerre mondiale. Des milliers d'avions y firent halte. Aujourd'hui, la centaine d'habitants du hameau vit autour de l'aéroport hérité de cette époque — et accueille les navires qui mouillent dans le fjord Tunuliarfik.

Un hameau né d'une guerre

Le musée installé près de la piste raconte cette histoire singulière : photographies, uniformes, instruments de navigation et récits des équipages qui traversaient l'Atlantique par étapes. On y comprend pourquoi ce coin perdu du Groenland fut, quelques années durant, l'un des aérodromes les plus fréquentés du monde arctique. Autour, quelques hangars et bâtiments d'époque achèvent de planter le décor.

La vallée des Fleurs, chemin vers la glace

Derrière le hameau s'ouvre la vallée des Fleurs, tapissée en été d'épilobes, de campanules et de saules nains. Le sentier en remonte le fond jusqu'à un belvédère face au glacier Kiattuut, langue de l'inlandsis qui descend entre les crêtes. Comptez trois à quatre heures aller-retour, sur terrain parfois rocailleux : l'effort se paie d'une vue rare sur la calotte glaciaire, à hauteur d'homme. C'est l'une des marches les plus accessibles du pays vers la grande glace.

Un arboretum au pays sans arbres

Autre surprise : Narsarsuaq abrite depuis 1988 un arboretum où poussent une centaine d'espèces venues des zones subarctiques et alpines du globe. Mélèzes de Sibérie, épinettes d'Alaska et pins de montagne y testent leur résistance au climat groenlandais. Le sentier qui grimpe vers la colline du Signal traverse ces plantations et débouche sur un panorama ouvert : le fjord, la piste, et les icebergs qui patientent dans la baie.

Brattahlid, la ferme d'Erik le Rouge

En face, sur l'autre rive du fjord, dix minutes de bateau mènent au village de Qassiarsuk, l'ancienne Brattahlid des sagas. C'est ici qu'Erik le Rouge, banni d'Islande, fonda vers 985 la première colonie nordique du Groenland. Une longue maison de tourbe et une chapelle de bois y ont été reconstituées près des vestiges d'origine, au sein d'un paysage agricole inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de Kujataa. Entre les moutons et les ruines, mille ans d'histoire tiennent dans un pâturage.

Les glaces du Qooroq

Autre sortie prisée : la remontée en bateau vers le fjord glacé de Qooroq, où un front de l'inlandsis déverse ses blocs dans une eau laiteuse. Les embarcations se faufilent entre les morceaux dérivants aussi loin que la densité des glaces le permet, moteurs au ralenti, dans un silence troué de craquements. Le contraste avec les pâturages de Qassiarsuk, à quelques kilomètres à peine, résume tout le Sud groenlandais : la glace et l'herbe, porte à porte.

S'équiper pour la journée

Bonnes chaussures, coupe-vent, gourde et protection solaire : l'équipement de base suffit pour profiter des sentiers. Le terrain est dégagé, les distances raisonnables, mais les cailloux roulants et les passages humides demandent un minimum d'attention. Les excursions encadrées fournissent généralement le nécessaire, y compris pour l'approche du front glaciaire.

Repères d'escale

ÉlémentRepère
Débarquementpetit quai ou transbordeur selon le navire
Musée de Bluie West Oneà proximité de la piste, accessible à pied
Vallée des Fleurs (belvédère du glacier)3 à 4 h de marche aller-retour
Qassiarsuk / Brattahlidcourte traversée en bateau

Décoller, appareiller

Ici, tout le monde finit par repartir : les avions d'hier, les navires d'aujourd'hui. Reste ce qui ne bouge pas — la glace au fond de la vallée, les pierres d'Erik le Rouge de l'autre côté de l'eau, et ce paradoxe d'un aérodrome de guerre devenu porte d'entrée d'un des paysages les plus paisibles de l'Arctique.