La jetée s'avance loin dans la baie : 440 mètres de béton neuf où les plus grands navires accostent désormais sans transbordement. Le terminal de Gili Mas, voisin du vieux port de Lembar, a changé la donne pour Lombok. L'île indonésienne longtemps restée dans l'ombre de Bali reçoit maintenant ses visiteurs de pied ferme, avec un bâtiment d'accueil, des artisans installés à demeure et une file de chauffeurs prêts à partir dans toutes les directions dès la passerelle ouverte.
Un terminal neuf, un monde qui l'est beaucoup moins
Autour des quais, les collines vertes de l'ouest de l'île tombent dans une baie encombrée de bateaux de pêche à balanciers. Les installations offrent les services essentiels, boutiques de souvenirs et change, mais rien ne s'explore à pied dans les environs immédiats : l'intérêt de la journée commence sur la route. Mataram, la capitale provinciale, se trouve à environ 22 kilomètres au nord, soit une trentaine de minutes de trajet; les plages du sud demandent davantage. Excursions organisées et voitures avec chauffeur, à convenir avant de partir, demeurent les deux formules éprouvées pour rentrer à bord l'esprit tranquille.
Les mains de l'île : potiers et tisserandes
La sortie la plus riche se construit souvent autour de l'artisanat, dont la région a fait une spécialité reconnue dans tout l'archipel indonésien. Au village de Banyumulek, à quelques kilomètres du terminal, les potières façonnent à la main des jarres et des plats selon des gestes transmis de mère en fille; on peut suivre tout le processus, de la boule d'argile au polissage à la pierre. Plus au sud, les villages sasak de Sade et d'Ende conservent leurs maisons traditionnelles aux toits de chaume pentus et leurs greniers à riz sur pilotis. Les femmes y tissent des étoffes aux motifs géométriques sur des métiers de bois, et les acheter sur place assure que la valeur revient directement aux artisanes.
Kuta et les plages du sud
Ceux qui rêvent de littoral mettent le cap sur Kuta, sur la côte méridionale, à ne pas confondre avec son homonyme balinais. La route traverse rizières et hameaux avant d'atteindre une succession de baies aux eaux claires, encadrées de promontoires herbeux où paissent des buffles. Le sable y prend par endroits une texture étonnante de petits grains ronds comme du poivre blanc. L'endroit reste bien plus paisible que les stations de Bali, même si les hôtels y poussent d'année en année.
Mataram et le volcan à l'horizon
La capitale provinciale offre un aperçu de l'Indonésie urbaine : marchés animés, mosquées imposantes, circulation dense de motocyclettes chargées de familles entières. Par temps dégagé, la masse du Rinjani, le grand volcan qui domine Lombok, apparaît au-dessus des collines du nord; son ascension appartient aux trekkeurs, mais sa silhouette accompagne le voyageur toute la journée, comme un rappel de la puissance géologique de l'archipel.
Bon à savoir
- Grands navires au quai de Gili Mas; certaines unités plus modestes utilisent encore l'ancien débarcadère de Lembar.
- Compter 30 à 45 minutes de route vers Mataram, davantage vers Kuta : la circulation indonésienne impose sa propre horloge.
- La roupie indonésienne en petites coupures facilite les achats d'artisanat et les pourboires; le marchandage se pratique avec le sourire.
- Population majoritairement musulmane : épaules couvertes appréciées dans les villages et les lieux de culte.
Au retour, la longue jetée ramène les passagers vers le navire, chargés de poteries et d'étoffes tissées. Lombok laisse cette impression particulière des îles en devenir : un terminal flambant neuf tourné vers l'avenir, et tout autour, des campagnes où le temps se mesure encore au rythme des récoltes de riz. La comparaison avec la voisine Bali viendra naturellement; elle tourne plus souvent qu'on ne le croit à l'avantage de la cadette.