Makassar Ujung Pandang, Sulawesi Indonesia

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Plus d'un million d'habitants, un front de mer en effervescence, des scooters par milliers : Makassar ne fait rien à moitié. Capitale du Sulawesi du Sud et grande porte de l'est indonésien, la ville des navigateurs bugis accueille les paquebots dans un port au trafic passager parmi les plus intenses du pays. L'escale plonge d'emblée dans l'Indonésie urbaine, marchande et fière de sa mer.

Le port Soekarno-Hatta

Les navires accostent au port Soekarno-Hatta, principal point d'entrée maritime de Sulawesi, doté d'un terminal passagers et de commerces de première nécessité. Le centre-ville se trouve à courte distance en taxi; la circulation dense incite à éviter les trajets à pied le long des axes portuaires, d'autant que la chaleur se fait sentir dès le matin. Les excursions organisées et les taxis négociés à l'avance demeurent les moyens les plus simples de rayonner.

Fort Rotterdam

Premier arrêt logique, à quelques minutes du terminal : le fort Rotterdam, bastion du XVIIe siècle hérité du sultanat de Gowa puis remanié par les Hollandais, l'un des ensembles coloniaux les mieux conservés d'Indonésie. Derrière les murs bas aux bastions en étoile s'alignent bâtiments blancs à toits de tuiles, pelouses et galeries, refuge de calme inattendu au milieu du vacarme urbain. Le musée La Galigo, installé dans l'enceinte, retrace les cultures du Sulawesi du Sud : royaumes bugis et makassarais, marine traditionnelle, textiles et manuscrits anciens. Une heure suffit pour l'essentiel, davantage pour les passionnés.

L'esplanade Losari

En fin d'après-midi, toute la population converge vers la Pantai Losari, l'esplanade qui longe la mer au sud-ouest du centre. Familles, vendeurs ambulants et promeneurs s'y retrouvent chaque soir pour le rituel du coucher de soleil sur le détroit, moment préféré des habitants. Le brouhaha est constant, joyeux, ponctué de rires et d'appels des vendeurs; les visiteurs étrangers se font photographier autant qu'ils photographient. C'est ici qu'il faut goûter le pisang épé, banane pressée et grillée nappée de sucre de palme fondu, parfois relevée de chocolat ou de durian : la collation emblématique de la ville, préparée sous vos yeux sur des braseros alignés.

Une capitale des mers

Makassar doit tout à la navigation. Ses marins bugis et makassarais sillonnaient déjà l'archipel bien avant l'arrivée des Européens, jusqu'aux côtes australiennes, et leurs goélettes de bois, les pinisi, sillonnent encore les eaux de l'archipel. Apercevoir ces coques effilées, toujours construites selon des techniques transmises de génération en génération, revient à feuilleter une page vivante de l'histoire maritime de l'Asie du Sud-Est.

Repères pratiques

La circulation constitue le principal défi de la journée : mieux vaut regrouper les visites par secteur et convenir du prix des courses avant de monter en taxi. La chaleur humide réclame eau, chapeau et pauses régulières; une tenue couvrant épaules et genoux est appréciée dans les lieux de culte. Enfin, garder une marge confortable pour le retour au terminal, les encombrements de fin de journée pouvant surprendre.

Saveurs du Sud

Les gourmands profiteront de l'escale pour goûter la cuisine locale, réputée dans toute l'Indonésie : coto makassar, soupe de bœuf aux épices servie avec des gâteaux de riz, poissons grillés du détroit ou fruits de mer des marchés, le tout arrosé de jus de fruits tropicaux. Les restaurants proches du front de mer offrent l'initiation la plus accessible, souvent avec vue sur les bateaux.

Au moment du départ, l'appel à la prière se mêle aux klaxons et au ressac contre les digues. La capitale du Sud ne cultive ni la carte du charme facile ni la nostalgie : elle avance, commerce et navigue, comme elle le fait depuis des siècles. C'est cette énergie-là que le voyageur emporte en regagnant la passerelle.