Pulau Misool Island Indonesia Raja Ampat

28 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Aucun quai, aucun village en vue, aucun horaire affiché : à Misool, l'escale commence quand les zodiacs touchent l'eau. Le navire d'expédition mouille au sud de l'archipel indonésien de Raja Ampat, dans un labyrinthe d'îlots calcaires coiffés de jungle, et c'est la mer elle-même qui sert de terminal. Les passagers embarquent par petits groupes, gilet ajusté, appareil photo dans le sac étanche, pour des sorties que la marée et la lumière redessinent chaque jour.

Le labyrinthe de calcaire

Les pilotes faufilent les embarcations entre des pitons gris-argent rongés à leur base par les vagues, qui semblent posés sur l'eau comme des pièces de jeu. Certains passages se resserrent jusqu'à frôler la roche; d'autres s'ouvrent brusquement sur des lagons d'un vert irréel, cernés de parois où s'accrochent orchidées sauvages et palmiers nains. Le secteur de Balbulol, avec ses tours de pierre jaillissant d'une mer translucide, compte parmi les tableaux les plus saisissants de tout l'archipel. Le moteur coupé, il ne reste que le clapot et les calaos qui traversent le ciel deux par deux.

Sous la surface

Misool se trouve au cœur du Triangle de corail, la zone marine la plus riche de la planète, et ses récifs sont protégés par une vaste réserve où la pêche est bannie depuis des années. Le résultat se passe de discours : dès la mise à l'eau, coraux mous aux couleurs de bonbons, gorgones géantes, nuages de fusiliers, requins de récif à pointe noire patrouillant en lisière du tombant. Avec un peu de chance, une raie manta glisse au-dessus des palmes, silhouette calme de plusieurs mètres d'envergure. Les sorties d'apnée s'organisent depuis les zodiacs, encadrées par l'équipe d'expédition, dans une transparence qui paraît truquée tant elle porte loin.

Les falaises peintes

Certaines parois cachent un livre d'images vieux de plusieurs millénaires. En longeant les falaises à petite vitesse, le guide pointe des empreintes de mains, des poissons et des silhouettes ocre peintes il y a 3 000 à 5 000 ans, à hauteur de pirogue, par des peuples de la mer dont on sait encore peu de chose. Voir ces motifs depuis une embarcation, exactement comme leurs auteurs les voyaient, crée un raccourci troublant entre les époques.

La grotte de Tomolol

Autre moment fort du secteur : une caverne marine dont le porche, haut comme une nef, s'ouvre sur un plan d'eau intérieur. On y pénètre à la nage ou en zodiac selon la marée, sous des voûtes hérissées de stalactites où la lumière ricoche en reflets turquoise. Flotter sur le dos au milieu de ce dôme minéral, dans un silence à peine troublé par les gouttes, reste pour beaucoup de passagers l'image la plus persistante du voyage.

Une journée d'expédition

Le programme exact dépend des conditions : c'est la règle du jeu en zone d'expédition, et son charme. L'équipe ajuste les rotations selon la houle, la marée et les observations du moment, et le programme du lendemain se décide souvent la veille au soir, cartes marines à l'appui. Entre deux sorties, le pont du navire devient belvédère, jumelles en main, pendant que les guides partagent leurs connaissances sur cet écosystème hors normes. Certains navires proposent aussi le kayak au lever du jour, quand les lagons prennent des teintes de nacre et que les seuls bruits viennent des pagaies.

Ce que l'on ramène

Au départ, les pitons s'alignent sur l'horizon, indifférents au sillage qui s'éloigne. Misool n'offre ni boutique ni monument, et c'est précisément sa richesse : des récifs intacts, des peintures sans musée, des lagons sans nom sur la plupart des cartes. On repart avec la certitude d'avoir vu le monde tel qu'il était avant nous, et tel qu'il mérite de rester.