Waterford Ireland

20 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

L'an 914 : des drakkars remontent l'estuaire de la Suir et leurs équipages établissent un campement fortifié qu'ils nomment Vadrarfjord. Onze siècles plus tard, Waterford revendique le titre de plus ancienne cité d'Irlande, et son quartier historique porte encore le nom de Triangle viking. Arriver ici par la rivière, comme le firent les fondateurs, donne à l'escale une profondeur singulière : on ne visite pas seulement une localité du sud-est irlandais, on remonte aux origines urbaines de toute une île.

Accoster au fil de la Suir

Les navires de taille modeste s'amarrent aux quais mêmes du centre, à quelques pas des premières rues commerçantes. Les grandes unités utilisent plutôt le terminal de Belview, à environ 12 km en aval, ou mouillent devant le village de Dunmore East, d'où des navettes rejoignent le centre en une trentaine de minutes. Quel que soit le point de débarquement, la journée converge vers le même endroit : le Triangle viking, concentré d'histoire délimité par les anciennes murailles.

Le Triangle viking, mille ans en trois musées

La tour Reginald, trapue et ronde au bord du quai, passe pour le plus ancien édifice civique du pays; elle abrite les collections consacrées à la période scandinave, dont des bijoux et des armes exhumés sur place. À quelques rues, deux autres institutions complètent le parcours :

  • le Musée médiéval, reconnaissable à sa façade contemporaine en pierre calcaire, avec sa salle voûtée du XIIIe siècle conservée sous les fondations;
  • le palais épiscopal, demeure georgienne meublée qui raconte la cité aux XVIIIe et XIXe siècles.

Devant la tour, la réplique grandeur nature d'un navire scandinave rappelle le premier rôle de l'endroit : un mouillage sûr au fond d'un estuaire navigable. Les ruelles alentour mêlent maisons anciennes, boutiques et cafés où reprendre son souffle entre deux salles d'exposition.

Le cristal, l'autre légende locale

Depuis 1783, le nom de Waterford brille sur les tables du monde entier grâce à son cristal taillé. La manufacture actuelle, installée au cœur du Triangle viking, ouvre ses ateliers aux visiteurs : on y suit le passage du verre en fusion aux pièces finies, soufflées puis gravées sous vos yeux par des artisans dont certains comptent des décennies de métier. La boutique attenante expose lustres et trophées étincelants; les places pour les ateliers partent vite les jours d'escale, mieux vaut réserver.

Saveurs et flâneries georgiennes

Avant de repartir, goûtez au blaa, petit pain blanc et farineux que les boulangers locaux façonnent depuis l'arrivée des huguenots au XVIIe siècle; l'appellation est aujourd'hui protégée par l'Union européenne, comme un grand cru. Les amateurs d'architecture pousseront jusqu'à la cathédrale Christ Church, reconstruite au XVIIIe siècle sur le site où, six siècles plus tôt, le chef normand Strongbow épousa la princesse irlandaise Aoife, scellant le destin anglo-irlandais de l'île. La rue commerçante Barronstrand et ses vitrines mènent naturellement d'un point à l'autre.

Pour les jambes qui démangent

Les actifs disposent d'une option de choix : la Waterford Greenway, piste asphaltée de 46 km aménagée sur une ancienne voie ferrée, s'élance des quais vers Dungarvan à travers viaducs, tunnels et vallées verdoyantes. Nul besoin de tout parcourir — les loueurs de vélos proposent des boucles adaptées aux horaires d'escale, et les premiers kilomètres le long de la Suir donnent déjà un bel aperçu de la campagne du sud-est, avec ses haies épaisses et ses moutons indifférents.

Redescendre la rivière

Au retour, depuis le pont, la cité s'éloigne dans la lumière rasante : les quais, la tour ronde, les clochers. Les fondateurs scandinaves cherchaient un abri; ils ont légué une capitale du verre et de la mémoire. On emporte l'éclat d'un lustre de cristal, la mie tendre d'un blaa, et l'idée réjouissante qu'en Irlande, les plus vieilles histoires se racontent encore au bord de l'eau.