Sur la carte du Japon, il faut chercher Ishigaki tout en bas à gauche, plus près de Taïwan que de Tokyo. L'archipel des Yaeyama vit à l'heure subtropicale : récifs coralliens, mangroves, champs d'ananas et une décontraction toute okinawaïenne qui surprend ceux qui n'ont connu du pays que ses grandes villes. Le terminal de croisière se trouve à environ un kilomètre et demi du centre-ville, une distance qui se marche sans peine le long du front de mer.
La baie de Kabira
Au nord-ouest de l'île, la baie de Kabira compose l'un des paysages les plus célébrés du Japon : un lagon dont les verts et les bleus changent avec la course des nuages, semé d'îlots boisés. La baignade n'y est pas permise, le site étant classé et voué notamment à la culture des perles noires, mais des bateaux à fond de verre partent toutes les quinze à trente minutes pour survoler coraux, bénitiers et poissons du récif. Depuis le belvédère du parc, la vue plonge sur l'ensemble du lagon; les photographes attendent le passage d'un nuage pour capter le changement de teinte, un jeu dont on ne se lasse pas. Compter environ une heure de route ou d'autobus depuis le navire; le déplacement se justifie pleinement.
Taketomi, le village de corail
Depuis le terminal des traversiers, en plein cœur de ville, une quinzaine de minutes de mer suffisent pour changer de siècle. L'îlot de Taketomi conserve un village d'Okinawa comme il n'en reste presque plus : maisons basses aux tuiles rouges gardées par des lions shisa, murets de pierre de corail, ruelles de sable blanc que l'on parcourt à vélo ou en charrette tirée par un buffle d'eau, au pas, dans un silence à peine troublé par un sanshin lointain. Les conducteurs de charrette chantent parfois pour leurs passagers, et le buffle, impassible, connaît le trajet par cœur. Une demi-journée y passe très vite; prévoir un chapeau, car l'ombre se fait rare entre les murets.
Sable et récifs
Les amateurs de baignade trouveront leur bonheur ailleurs sur la côte, notamment du côté de Yonehara, où le récif s'approche du rivage et où l'apnée se pratique à quelques brasses du sable. Les courants demandent toutefois du respect : rester dans les zones surveillées et suivre les indications locales fait partie des règles du jeu. Les excursions de kayak dans les mangroves complètent l'éventail pour qui préfère la pagaie au masque.
En ville, à l'heure des Yaeyama
Le centre d'Ishigaki s'organise autour d'une arcade marchande couverte où se croisent poissonniers, marchands de fruits et boutiques de sel local. C'est l'endroit où goûter les nouilles Yaeyama soba dans leur bouillon clair, comparer les piments macérés qui les accompagnent et repérer les alcools de canne de l'archipel. L'ambiance reste celle d'un chef-lieu insulaire, aimable et sans hâte, où l'on fait ses courses en sandales. Le bœuf d'Ishigaki, élevé sur place, a ses adeptes dans tout le pays : les restaurants du secteur le servent grillé au comptoir, et il se défend très bien face à ses cousins plus célèbres de Kobe ou de Miyazaki.
Repères pratiques
| Destination | Accès |
| Centre-ville et arcade marchande | Environ 1,5 km du terminal, faisable à pied |
| Baie de Kabira | Environ une heure en autobus ou en taxi |
| Île de Taketomi | Traversier d'une quinzaine de minutes depuis le terminal des îles |
Le navire s'éloigne en fin de journée d'une mer que le couchant teinte de cuivre, et les îlots des Yaeyama s'égrènent jusqu'à l'horizon. Ishigaki aura montré un Japon inattendu, insulaire et tropical, qui prend son temps; il n'est pas interdit de trouver que ce Japon-là mérite, à lui seul, un autre voyage.