Karatsu Japan Saga

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Un château blanc posé sur un promontoire, à l'endroit exact où la rivière Matsuura rencontre la mer. C'est la première image que Karatsu offre aux navires qui entrent dans sa baie, sur la côte nord-ouest de Kyushu. Cette ville de la préfecture de Saga, ancienne porte du Japon vers la Corée et la Chine, cultive depuis quatre siècles deux passions : la céramique et un festival d'automne dont les chars géants comptent parmi les plus beaux du pays.

Premiers pas à terre

Les navires accostent aux quais du port, à courte distance du centre. Selon le poste attribué, des navettes ou quelques minutes de taxi suffisent pour rejoindre les premières rues commerçantes. On se déplace ensuite à pied ou à vélo : tout ce qui compte tient dans un rayon restreint, entre la rivière, la forteresse et le long rivage bordé de pins.

Le château au-dessus des flots

Élevé au début du dix-septième siècle et reconstruit dans les années 1960, l'édifice mérite son surnom de « château de la grue dansante » : vu du rivage, ses murs blancs et son donjon semblent déployer des ailes au-dessus de l'eau. La montée réserve un panorama complet sur la rade, les toits et l'arc des pins qui ferme l'horizon. Au printemps, cerisiers et glycines habillent les remparts; en toute saison, la lumière de fin de journée y est remarquable.

Quatorze chars d'or et de laque

Chaque automne, début novembre, la ville vit au rythme du Karatsu Kunchi, inscrit par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel. Quatorze chars monumentaux, laqués et rehaussés de feuilles d'or, défilent alors dans les rues au son des flûtes et des tambours : lion rouge, casque de samouraï, dragon volant, daurade dorée. Le plus ancien date de 1819. Hors festival, ces œuvres colossales se contemplent dans le hall d'exposition voisin du sanctuaire de Karatsu, où l'on mesure de près la finesse du travail des artisans laqueurs.

Terre de potiers

Depuis plus de quatre cents ans, les fours de la région produisent une céramique sobre et rugueuse, prisée des maîtres de la cérémonie du thé, qui la classent parmi les plus nobles du Japon. Cette tradition doit beaucoup aux potiers coréens installés ici à la fin du seizième siècle, dans la foulée des campagnes militaires de l'époque. Ateliers et galeries parsèment le centre, où l'on observe parfois les artisans au travail. La vieille demeure de la famille Takatori, magnat du charbon, complète la promenade : ses salons mêlent tatamis, boiseries sculptées et vitraux dans un ensemble classé bien culturel important.

La pinède aux mille pas

Entre la ville et la mer s'étire Niji no Matsubara, « la pinède de l'arc-en-ciel » : un million de pins noirs plantés au dix-septième siècle sur près de cinq kilomètres de littoral. On la traverse à pied ou à vélo, dans une lumière tamisée qui sent la résine et le sel. La plage voisine de Nishinohama, celle-là même où les chars du festival viennent s'élancer sur le sable, invite à une pause face aux îles du large.

Préparer sa journée

  • Château, sanctuaire, hall d'exposition et quartier des potiers se combinent aisément en une demi-journée.
  • Des vélos se louent près de la gare pour rejoindre la pinède et le bord de mer.
  • Les amateurs de gastronomie goûteront le calmar d'Yobuko, servi d'une fraîcheur absolue dans les restaurants du port.
  • Le paiement en yens demeure la norme dans les petits commerces.

Dernier regard

Le navire s'éloigne, et la forteresse blanche retrouve sa solitude au-dessus des flots pendant que les pins referment leur rideau sombre derrière le sable. Karatsu n'élève jamais la voix : elle laisse parler la laque, l'argile et le vent dans les branches. C'est ce murmure-là que les passagers emportent avec eux.