Okayama City Japan Okayama

14 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Chaque enfant japonais connaît Okayama avant même de savoir la situer : c'est le pays de Momotaro, le garçon né d'une pêche géante qui partit combattre les ogres avec un chien, un singe et un faisan. La légende accueille le voyageur dès la gare, en statue de bronze, et les confiseries locales vendent toujours les kibi dango, ces boulettes de riz sucrées qui, dans le conte, achetèrent la loyauté de ses trois compagnons. Les navires, eux, accostent au sud, au port d'Uno, sur la mer intérieure de Seto; une quarantaine de minutes de route séparent les quais du centre-ville, à travers des collines ponctuées de vergers de pêchers et de vignes à muscat, deux fiertés agricoles de la préfecture. Ce trajet ouvre l'une des escales les plus riches du Japon de l'Ouest.

Korakuen, l'un des trois grands jardins du Japon

Achevé en 1700 pour le seigneur de la province, le jardin Korakuen figure avec Kanazawa et Mito au sommet officiel de l'art paysager japonais. Ses pelouses rases, rares dans les jardins classiques, s'étendent entre étangs, collines artificielles, plantations de thé et pavillons où les seigneurs recevaient. Chaque pas recompose le paysage : un pont de bois, un héron immobile, la silhouette sombre du donjon qui surgit au-dessus des érables. Comptez une bonne heure et demie pour en faire le tour sans hâte.

Le château corbeau

Juste en face, sur l'autre rive de la rivière Asahi, le château d'Okayama dresse ses façades noires, qui lui valent son surnom de « château corbeau », par contraste avec le héron blanc de Himeji. Élevé à la fin du 16e siècle, détruit en 1945, il a été reconstruit et abrite aujourd'hui des expositions sur les seigneurs Ukita et Ikeda; du dernier étage, la vue plonge sur les méandres de la rivière et les frondaisons de Korakuen. La passerelle qui relie les deux rives permet d'enchaîner pelouses et tours noires en une demi-journée fluide.

Kurashiki, la Venise des greniers à riz

À dix-sept minutes de train, le quartier Bikan de Kurashiki conserve un canal bordé de saules et d'entrepôts du 17e siècle, murs blancs et tuiles noires, reconvertis en musées, cafés et boutiques d'artisans. Les barques à fond plat glissent sous les ponts de pierre, menées à la perche; comptez une demi-journée pour flâner d'un bout à l'autre du canal et de ses ruelles. C'est ici que s'ouvrit en 1930 le musée Ohara, première collection d'art occidental du Japon : un Greco y voisine avec Monet et Gauguin derrière une façade à colonnes grecques. Le quartier a aussi fait du denim sa nouvelle fierté; dans le quartier de Kojima, les ateliers qui ont lancé le jean japonais habillent les amateurs du monde entier.

Uno et les îles de l'art

Le port d'accostage lui-même mérite qu'on s'y attarde. Uno sert de porte d'entrée à Naoshima, l'île-musée que vingt minutes de traversier séparent du quai : citrouille jaune de Yayoi Kusama posée sur sa jetée, musées enterrés de Tadao Ando, villages transformés en galeries. Les passagers dont le navire reste longtemps à quai peuvent tenter l'aller-retour; les autres profiteront des sculptures contemporaines disséminées autour du terminal, héritage des triennales d'art de la mer intérieure.

Composer sa journée

OptionTrajet depuis UnoPoints forts
Okayama40 min de routeJardin Korakuen, château corbeau
Kurashiki50 min de routeCanal Bikan, musée Ohara
Naoshima20 min de traversierArt contemporain, Kusama, Ando

Trois directions, trois Japons : le jardin des seigneurs, les entrepôts des marchands, les musées des mécènes. Aucun choix n'est mauvais, et c'est bien le problème le plus agréable qu'une escale puisse poser. Momotaro était parti d'ici chercher des trésors sur une île; le voyageur moderne n'a qu'à choisir la sienne, montre en main et sans ogres à combattre.