Soyons francs : personne ne descend à Tomakomai pour Tomakomai. Ce grand port industriel de la côte sud de Hokkaido, avec ses papetières et ses terminaux à conteneurs, sert avant tout de porte d'entrée vers Sapporo, la métropole du nord du Japon, située à une cinquantaine de kilomètres. Bien organisée, l'escale ouvre pourtant une journée passionnante, entre la capitale régionale et les paysages volcaniques des environs. Tout est affaire de planification.

Rejoindre Sapporo

Deux options s'offrent aux passagers indépendants. Le train JR relie la gare de Tomakomai au centre de la métropole en une heure environ; des autobus locaux font la navette entre le secteur portuaire et la gare en une vingtaine de minutes. Des autocars directs assurent aussi la liaison depuis le port en approximativement 90 minutes selon la circulation. Les excursions vendues à bord simplifient la logistique, un avantage réel quand l'horaire d'appareillage laisse peu de marge. Dans tous les cas, conserver une réserve de temps confortable pour le trajet du retour évite bien des sueurs froides.

Sapporo en quelques heures

Née à la fin du XIXe siècle lors de la mise en valeur de l'île, la métropole s'organise en damier à l'américaine, ce qui facilite grandement l'orientation. La tour de l'horloge, vestige de la première école d'agriculture, et l'ancien siège du gouvernement territorial, imposant édifice de brique rouge entouré de jardins, constituent les deux étapes patrimoniales classiques. On poursuit vers les allées couvertes de Tanukikoji pour le magasinage, puis vers les comptoirs de ramen où le bol au miso, spécialité locale, réchauffe même les journées fraîches. Les amateurs de houblon termineront au jardin de la brasserie Sapporo, l'une des plus anciennes du pays.

L'option nature : lac Toya et mont Usu

Autre programme possible : mettre le cap à l'ouest vers le lac Toya, une caldeira aux eaux limpides entourée de forêts, à environ deux heures de route. Des croisières lacustres y circulent entre les îles centrales, et un téléphérique grimpe sur le mont Usu, volcan actif dont les cratères fumants dominent le panorama. La combinaison lac, volcan et horizon marin compte parmi les plus beaux tableaux naturels de la région; elle convient aux voyageurs qui connaissent déjà la capitale régionale ou qui préfèrent le grand air aux avenues.

Le trajet fait partie du voyage

Entre le littoral industriel et les faubourgs de la capitale régionale, la ligne ferroviaire traverse des campagnes ponctuées de serres, de silos et de boisés de bouleaux, un aperçu du Hokkaido agricole que peu de circuits montrent. En hiver, la neige transforme le parcours en estampe; en été, les champs déclinent tous les tons de vert. Garder une place côté fenêtre, thé en main, transforme un simple transfert en moment contemplatif.

Si l'on reste près du navire

Les environs immédiats du port n'offrent que peu d'attraits, mais la ville possède ses marchés de produits de la mer où le hokki, un gros coquillage local, se déguste en sashimi ou en riz garni. Une promenade au centre-ville donne un aperçu du Japon ouvrier et maritime, loin des circuits touristiques, avec ses izakayas et ses devantures sans prétention. On y mange d'ailleurs très bien, et pour une fraction du prix demandé dans les quartiers fréquentés de la métropole.

Une escale qui se prépare

Tomakomai récompense les passagers organisés : ceux qui choisissent leur objectif dès le matin, la grande ville ou le lac Toya, et s'y tiennent. On remonte à bord avec des images de brique rouge et de bols fumants, ou de cratères et d'eaux calmes, selon la route choisie. Dans les deux cas, Hokkaido aura montré l'un de ses visages, et donné une bonne raison d'explorer l'autre lors d'un prochain passage.