Toliara Tulear, Madagascar
Madagascar

1 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Un arbre-pieuvre dresse ses bras couverts d'épines vers un ciel presque toujours sans nuage : le décor du grand sud-ouest malgache ne ressemble à aucun autre. Toliara, ou Tuléar selon l'usage français, borde le canal du Mozambique au débouché d'une des régions les plus arides et les plus singulières de Madagascar, gratifiée de soleil la majeure partie de l'année. L'escale vaut moins pour la cité elle-même, poussiéreuse et attachante, que pour ce qui l'entoure : la forêt épineuse et ses tortues étoilées, le récif, les villages de pêcheurs vezo.

L'arboretum d'Antsokay

Tout près de la sortie sud de l'agglomération, l'arboretum d'Antsokay offre la meilleure introduction qui soit à la flore de la région, et l'on y consacre aisément deux bonnes heures. Ce jardin botanique créé par un passionné suisse rassemble environ 900 espèces végétales, presque toutes endémiques du sud-ouest : baobabs ventrus, pachypodiums, aloès, euphorbes et ces étranges arbres-pieuvres dont les bras couverts d'épines ondulent vers le ciel. Les guides expliquent comment chaque plante survit à des mois sans pluie, et comment les guérisseurs en tirent encore remèdes et décoctions. Tortues rayonnées et oiseaux du sud complètent la visite, qui se déroule sur des sentiers plats et faciles, ponctués de zones d'ombre où reprendre son souffle. Une boutique attenante propose miels, huiles et artisanat des environs, de quoi rapporter un peu de cette flore dans ses bagages.

La côte des pêcheurs vezo

Au nord de Toliara, une piste longe la côte jusqu'aux villages de la région d'Ifaty, où le peuple vezo vit de la mer depuis des générations. Les pirogues à balancier partent au petit matin voile tendue, reviennent chargées de poissons multicolores, et la plage sert tour à tour de chantier naval, de marché et de terrain de jeu. Au large, un récif corallien protège un lagon calme où les excursions emmènent les amateurs de tuba, dans une eau tiède qui décline tous les verts et tous les bleus. Certains circuits ajoutent la réserve de Reniala, un fragment de forêt épineuse où se dressent des baobabs plusieurs fois centenaires, aux troncs si larges qu'il faut plusieurs personnes pour les ceinturer.

Flâner dans Tuléar

La cité elle-même se découvre sans hâte, de préférence aux heures douces. Le marché aux coquillages étale nacres et porcelaines près du front de mer, les étals de la rue principale débordent de paréos et de paniers, et le petit musée régional présente objets rituels et traditions des peuples du sud. Les charrettes à zébus croisent les vélos dans un nuage de poussière ocre, et les terrasses servent jus de fruits frais et poissons grillés sous des paillotes. L'ambiance, nonchalante et chaleureuse, donne son vrai visage à l'escale. En fin de journée, le soleil plonge droit dans le canal du Mozambique, et tout le front de mer semble se retourner pour le regarder.

Repères pour l'escale

ÉlémentÀ savoir
SituationCanal du Mozambique, sud-ouest de Madagascar
Arboretum d'AntsokayEnviron 900 espèces de la forêt épineuse, sentiers faciles
Région d'IfatyVillages vezo, lagon et récif, par piste côtière
En villeMarché aux coquillages, musée régional, front de mer

Le sud malgache ne ressemble à rien de connu, et c'est là tout son prix. On en repart avec des images précises : un baobab pansu contre un ciel sans nuage, une pirogue qui rentre au village, une tortue immobile dans la lumière crue. Ceux qui aiment les terres franches, où rien n'est adouci pour plaire, tiennent avec Toliara l'une des escales les plus mémorables de l'océan Indien.