Kota Kinabalu Borneo Malaysia Sabah

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Par temps clair, une silhouette domine l'horizon bien avant que la côte ne se précise : le mont Kinabalu, 4 095 mètres, plus haut sommet de Bornéo. Kota Kinabalu vit à ses pieds, tournée vers la mer de Chine méridionale. La capitale du Sabah, que les habitants appellent simplement KK, a été presque entièrement reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, et cette jeunesse se sent : les tours modernes côtoient les marchés, et le front de mer bourdonne du matin au soir.

Du quai aux premières rues

La plupart des navires accostent au port de Sepanggar, une zone industrielle située à une quinzaine de kilomètres au nord du centre. Les compagnies organisent des navettes, et les taxis attendent à la sortie du terminal; prévoyez de vingt à trente minutes de route. Les navires de plus petite taille mouillent parfois plus près du rivage et débarquent leurs passagers en annexe, à distance de marche des premiers commerces. Une fois sur place, tout se parcourt à pied : les quartiers marchands s'étirent le long de la mer sur environ deux kilomètres.

Gaya Street et les marchés

Commencez par Gaya Street, l'artère commerçante née avec la ville. Les cafés y servent le laksa au lait de coco et le thé tiré à bout de bras, les boutiques alignent tissus, épices et remèdes traditionnels. Le dimanche matin, la rue entière se transforme en marché : fruits de Bornéo, orchidées, artisanat, oiseaux chanteurs et gâteaux de riz se partagent les étals de six heures à treize heures. Plus près de l'eau, les halles regorgent de poissons, de mangues et de durians, et les odeurs y racontent le Sabah mieux que n'importe quel musée.

La tour de l'horloge et Signal Hill

Au bout de Gaya Street se dresse l'un des rares témoins de l'ancienne Jesselton coloniale : la tour de l'horloge Atkinson, une construction de bois blanc érigée en 1905, qui a survécu aux bombardements de 1945. Derrière elle, un sentier aménagé d'environ 500 mètres grimpe sous les arbres jusqu'au belvédère de Signal Hill. De là-haut, le regard embrasse les toits en contrebas, les îles proches et les navires au mouillage. La montée demande un peu d'effort dans la chaleur humide; partez tôt et apportez de l'eau.

Les îles du parc Tunku Abdul Rahman

Face à la ville, cinq îles coiffées de forêt forment un parc national marin accessible en une vingtaine de minutes de bateau depuis la jetée principale. Chacune a son caractère :

  • Manukan, la plus aménagée, avec sa longue plage et ses sentiers;
  • Sapi, réputée pour ses eaux limpides et son récif accessible du bord;
  • Mamutik, la plus petite, appréciée pour la baignade tranquille;
  • Gaya, la plus vaste, couverte de forêt et de villages sur pilotis;
  • Sulug, la plus éloignée et la moins fréquentée.

Masque et tuba suffisent pour croiser poissons-perroquets et coraux. Une demi-journée sur Manukan ou Sapi se combine très bien avec une matinée à terre.

Un détour vers les cultures du Sabah

À une quarantaine de minutes de route dans les collines, le village culturel Mari Mari reconstitue les maisons traditionnelles de cinq peuples du Sabah, dont les Dusun, les Murut et les Rungus. Démonstrations de cuisine au bambou, sarbacane et danses rythment la visite, qui dure environ trois heures : réservez-la seulement si votre escale est longue. La mosquée flottante de Likas, posée sur son lagon un peu plus au nord, mérite quant à elle un court arrêt photo en taxi.

Avant de remonter à bord

Gardez une heure pour flâner sur le front de mer au retour : les grillades de poisson s'allument en fin de journée, les familles se rassemblent face aux îles et, si le ciel le permet, le soleil descend exactement là où les bateaux rentrent. On repart de Kota Kinabalu avec le sentiment d'avoir touché un coin de Bornéo accessible et souriant, et l'envie assumée de revenir pour la montagne qui, elle, se mérite en plusieurs jours.