Les passagers qui connaissent déjà Cabo San Lucas sont souvent étonnés en posant le pied à San José del Cabo. À une trentaine de kilomètres de sa voisine survoltée, l'autre moitié de Los Cabos cultive un tout autre tempérament : celui d'un ancien bourg fondé par les jésuites, posé entre le désert de Basse-Californie du Sud et la mer de Cortés, où l'on prend le temps de marcher à l'ombre des arbres de la place. Les navires jettent l'ancre au large et débarquent leurs passagers en annexe à la marina de Puerto Los Cabos, un vaste bassin de plaisance protégé par deux brise-lames, à quelques minutes de route du cœur historique.

Une place, une mission, un art de vivre

Tout converge vers la Plaza Mijares, esplanade ombragée où les familles se retrouvent en fin de journée autour du kiosque. D'un côté se dresse l'église missionnaire, fondée en 1730 puis reconstruite en 1840, façade claire et allure sobre face aux flamboyants. Les rues qui rayonnent depuis le zócalo alignent des demeures basses aux teintes ocre et terracotta, des boutiques d'artisanat et des tables installées dans d'anciennes maisons coloniales, cours intérieures comprises. Tout se parcourt à pied, sans hâte, et c'est précisément ce qui plaît ici : on s'assoit, on regarde passer les vendeurs de glaces, on écoute les cloches sonner l'heure.

Le quartier des galeries

Derrière l'église commence le district artistique, une poignée de ruelles où marchands d'art et créateurs ont élu domicile, principalement le long de la rue Obregón et de ses voisines Comonfort et Morelos. Peinture contemporaine mexicaine, sculpture, photographie : les ateliers se succèdent porte après porte, souvent tenus par les artistes eux-mêmes, heureux d'expliquer leur travail. De novembre à juin, le secteur s'anime chaque jeudi soir lors de l'Art Walk, quand les ateliers ouvrent tard et que les ruelles se remplissent de promeneurs. Si votre navire reste au mouillage un jeudi d'hiver en soirée, le détour vaut largement quelques heures.

L'estuaire, refuge d'oiseaux entre désert et mer

À courte distance du district, le río San José termine sa course souterraine de près de 40 km depuis la Sierra de la Laguna et forme un estuaire protégé, séparé de la mer par un long cordon de sable d'environ un kilomètre. Cette réserve municipale abrite plus de 200 espèces d'oiseaux. En longeant les sentiers, on observe pélicans bruns, aigrettes neigeuses, hérons, ibis, échasses d'Amérique et parfois un colibri de Xantus, jumelles ou téléphone en main. Le contraste saisit : d'un côté les cactus du désert, de l'autre une lagune verdoyante bruissante de vie, avec les clochers du bourg en arrière-plan.

Organiser son temps à terre

  • De la marina de Puerto Los Cabos à la Plaza Mijares : environ 5 à 10 minutes en taxi.
  • Esplanade, église, ateliers et estuaire se rejoignent ensuite à pied, terrain plat.
  • Le bord de mer et sa promenade se trouvent à une quinzaine de minutes de marche du noyau ancien.
  • Cabo San Lucas et l'arche de Land's End font l'objet d'excursions organisées d'une demi-journée.

La saveur locale

La localité s'est taillé une réputation gastronomique enviable dans la région. Les cuisines du vieux quartier travaillent les produits de la mer de Cortés, thon, marlin fumé ou palourdes, tandis que les fermes de la vallée fournissent légumes et herbes fraîches. Une simple halte pour des tacos de poisson et une eau de fruits, à l'ombre d'un patio, suffit parfois à comprendre pourquoi tant de voyageurs préfèrent cette rive tranquille à l'agitation de sa voisine.

Le retour vers le navire

En regagnant l'annexe, beaucoup de passagers emportent le souvenir d'une esplanade ombragée, d'un clocher de mission et d'un héron immobile dans la lagune. San José del Cabo ne cherche pas à impressionner. Elle laisse plutôt l'impression d'avoir entrevu le Mexique d'avant les stations balnéaires, celui qui continue de vivre autour de son église et de sa place — et cette discrétion donne envie d'y revenir pour flâner plus longtemps.