Inhaca Island Mozambique
Mozambique

Une voile triangulaire glisse entre le navire et la côte : un boutre, comme il en circule depuis des siècles dans l'océan Indien. Ainsi commence l'escale d'Inhaca, à l'entrée de la baie de Maputo, à une quarantaine de kilomètres de la capitale mozambicaine. Dans les faits, la journée se déroule souvent sur l'île Portuguese voisine, une langue de sable inhabitée où les compagnies installent leur journée de plage; Inhaca, la grande sœur habitée, reste à portée d'embarcation pour qui veut voir plus loin que sa serviette.

Le sable de l'île Portuguese

Les transbordeurs déposent les passagers sur un rivage clair, bordé d'une eau qui décline tous les tons de turquoise selon la marée. La baignade est le programme principal, et il se suffit : fonds sableux en pente douce, bancs qui découvrent à marée basse, chaleur enveloppante de l'océan Indien. Les amateurs d'apnée trouvent, un peu au large, des patates de corail fréquentées par des poissons multicolores. Le reste appartient au farniente, aux marches le long de l'eau et au spectacle des boutres qui passent. Les compagnies organisent généralement la journée avec chaises, parasols et rafraîchissements débarqués du navire; il suffit d'apporter sa serviette et un peu de patience au moment des rotations de transbordeurs, qui donnent le tempo de la journée.

Passer sur Inhaca

À quelques minutes de navigation, Inhaca aligne son village, ses lodges et une institution qui surprend dans un décor pareil : une station de recherche en biologie marine, dotée d'un petit musée où squelettes, coquillages et bocaux racontent la vie de la baie. La visite est modeste et attachante, souvent guidée par des gens du cru, et elle donne un vrai contenu à ce qui resterait sinon un simple après-midi de plage : on en ressort en sachant nommer les coquillages ramassés une heure plus tôt. Plus au nord, un phare veille sur la pointe de l'île; certains y montent en tracteur-remorque, une expédition cahotante qui traverse la brousse littorale et récompense par une vue étendue sur la baie de Maputo. Entre les deux, le village vit à son rythme : étals de fruits, filets qui sèchent, enfants qui font la course avec les visiteurs sur les sentiers clairs.

La mer, encore et toujours

La région vit au rythme des marées, qui redessinent les plages deux fois par jour. Au jusant, la mer se retire loin et transforme le rivage en terrain d'exploration, seaux et appareils photo à la main; au retour du flot, la baignade reprend ses droits. Tortues, raies et bancs de poissons de récif fréquentent les abords; les sorties en boutre, quand elles sont proposées, offrent la plus belle façon d'embrasser le paysage, voile tendue et coque penchée, avec Maputo en ligne grise à l'horizon. On comprend vite pourquoi les habitants de la capitale font de ces îles leur refuge de fin de semaine : l'océan Indien y est tiède presque toute l'année, et la brise tempère les heures chaudes mieux qu'aucun climatiseur.

À savoir avant de descendre

  • Escale de mouillage : le transfert se fait en transbordeur et les horaires de dernière navette sont à respecter scrupuleusement.
  • Protection solaire sérieuse et chaussons d'eau recommandés; l'ombre est rare sur le banc de sable.
  • Les excursions vers la grande île (musée, phare) se réservent généralement auprès du bord; peu de services sur place.

Le dernier transbordeur quitte le rivage et la marée commence déjà à effacer les traces de pas. Il ne restera de l'escale que des images simples : une voile sur l'eau, un banc de sable, la lenteur heureuse d'une escale qui n'a rien demandé d'autre que de profiter du jour. C'est parfois exactement ce qu'on attend d'une croisière.