Danubyu Myanmar
Myanmar

Sur la rive ouest de l'Ayeyarwady, un ponton de bois, des toits de tôle entre les palmiers, un stupa doré qui accroche le soleil : Danubyu apparaît au détour d'un méandre comme des dizaines d'autres bourgs du delta birman. Pourtant, ce nom résonne dans toutes les écoles du Myanmar. C'est ici qu'en 1825 le général Maha Bandula fit face à l'armée britannique lors de la première guerre anglo-birmane, et c'est ici qu'il tomba, scellant le destin du royaume. Les bateaux de croisière fluviale qui descendent vers le delta y font escale pour une plongée dans l'histoire et dans la vie ordinaire des rives.

Le souvenir du général

La visite conduit au monastère qui garde la mémoire de Maha Bandula, un ensemble de bâtiments d'inspiration néo-coloniale entouré de cours paisibles. Le général y repose, dit-on, à l'endroit même où il fut frappé par un obus alors qu'il inspectait ses défenses. Les moines accueillent les visiteurs avec simplicité, et les guides racontent la bataille : le fort de bois et de terre élevé en quelques semaines, les dix mille hommes retranchés, la résistance opiniâtre puis la retraite. Pour les Birmans, Bandula incarne le courage face à une défaite annoncée; son nom orne aujourd'hui des avenues et des places dans tout le pays.

Le marché et les ruelles

À quelques pas du fleuve, le marché du bourg déborde de produits du delta : poissons séchés alignés sur des nattes, montagnes de riz, tomates, gingembre, guirlandes de fleurs pour les offrandes. On s'y déplace entre les paniers, salué par des commerçantes au visage poudré de thanaka, cette pâte végétale dorée que portent femmes et enfants. La visite se fait souvent en trishaw, ces vélos-taxis à siège latéral dont les conducteurs pédalent sans hâte dans les ruelles, entre maisons sur pilotis, ateliers et monastères. Chaque arrêt devient une occasion d'échanger quelques mots et beaucoup de sourires.

La pagode au-dessus du fleuve

Comme tout bourg birman qui se respecte, Danubyu veille sur ses sanctuaires. Les stupas dorés du bord de l'eau offrent, depuis leurs terrasses, une vue étendue sur l'Ayeyarwady, ses convois de barges chargées de teck ou de riz et ses pêcheurs lançant l'épervier depuis des barques effilées. En fin d'après-midi, quand la lumière devient miel, les cloches votives tintent dans la brise et le fleuve entier semble ralentir. C'est le moment que choisissent les photographes du bord, et ils ont raison.

Le fleuve nourricier

Depuis la berge, on mesure à quel point l'Ayeyarwady reste la colonne vertébrale du pays : barges de riz descendant vers Yangon, bacs bondés reliant les deux rives, pêcheurs relevant leurs filets dans le courant brun. La région produit une part essentielle du riz birman, et chaque village vit au rythme des crues qui déposent leurs limons dans les rizières. Danubyu n'est pas une exception : c'est un condensé de cette vie fluviale, offert aux voyageurs le temps d'une matinée.

L'escale en bref

ÉlémentDétail
SituationRive ouest de l'Ayeyarwady, région du delta
AccèsPonton ou débarquement en annexe selon le niveau de l'eau
VisiteÀ pied et en trishaw, avec guide
À voirMonastère et tombe de Maha Bandula, marché, pagodes du bord de l'eau
ConseilÉpaules et genoux couverts, chaussures faciles à retirer pour les sanctuaires

En reprenant le courant

Le bateau largue ses amarres et Danubyu redevient une ligne de toits entre l'eau et le ciel. On emporte l'image d'un marché débordant de vie, d'un monastère où dort un héros national et d'enfants courant le long de la berge pour saluer le départ. L'Irrawaddy réserve ainsi, à qui le descend lentement, des rencontres que les itinéraires pressés ne connaîtront jamais.