Fiordland National Park New Zealand
New Zealand

154 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Azamara Club Cruises (19 Croisières)

Celebrity Cruises (20 Croisières)

Princess Cruises (33 Croisières)

Le moteur ralentit, les conversations aussi. Quand un navire s'engage dans les fiords du sud-ouest néo-zélandais, quelque chose change à bord : les passagers sortent sur les ponts, les téléphones se lèvent puis se baissent, et le silence des parois finit par imposer le sien. Le parc national de Fiordland, plus grand parc de Nouvelle-Zélande et cœur du site du patrimoine mondial de Te Wahipounamu, se visite ici sans poser le pied à terre : c'est une escale entièrement vécue depuis la mer.

Une journée de navigation panoramique

Les grands navires qui relient l'Australie à la Nouvelle-Zélande consacrent généralement une journée complète à cette côte. L'itinéraire type enchaîne trois fiords : Milford au nord, puis Doubtful et Dusky plus au sud. Aucun quai ne les attend; le navire entre lentement, s'avance jusqu'au fond du bras de mer, pivote et ressort. Des commentaires de naturalistes accompagnent souvent la traversée. Le conseil le plus utile tient en un mot : dehors. Les meilleures vues se gagnent sur les ponts extérieurs, quitte à s'habiller chaudement.

Milford, le plus théâtral

Milford concentre les images fortes : le pic Mitre dresse ses 1 692 mètres directement au-dessus de l'eau, les cascades Stirling et Bowen chutent de plus de 150 mètres, et les parois se resserrent au point que le navire semble frôler la roche. Rudyard Kipling parla en son temps de huitième merveille du monde. Il pleut ici plusieurs mètres par année, mais la pluie fait partie du spectacle : après une averse, des dizaines de cascades éphémères strient les falaises, un phénomène que les journées sèches ne montrent jamais.

Doubtful et Dusky, la version sauvage

Doubtful Sound, plus large et plus profond, doit son nom au capitaine Cook, qui doutait en 1770 de pouvoir en ressortir à la voile et passa au large. Les Néo-Zélandais le surnomment le fiord du silence. Dusky Sound, le plus long avec une quarantaine de kilomètres, servit de refuge à Cook en 1773 lors de son second voyage : son équipage y brassa même une bière aux aiguilles de rimu, première du pays. Îlots boisés, bras secondaires et brumes accrochées aux versants composent un paysage plus intime que le précédent, souvent préféré des habitués de la région.

La vie entre eau douce et eau salée

La pluie crée dans ces bras de mer une particularité : une couche d'eau douce teintée de tanins flotte sur l'eau salée et tamise la lumière des profondeurs. Il en résulte une faune étonnante près de la surface. Depuis les ponts, on guette les grands dauphins qui viennent jouer à l'étrave, les otaries à fourrure vautrées sur les rochers de Seal Rock, et, avec de la chance, le manchot du Fiordland, l'un des plus rares du monde, reconnaissable à ses sourcils jaunes.

Les Maoris fréquentaient ces rivages bien avant les Européens : Milford porte le nom de Piopiotahi, et la région tout entière s'inscrit dans Te Wahipounamu, « le pays de la pierre verte », où ils venaient chercher le jade néphrite de leurs pendentifs et de leurs armes. Ce nom ancien dit bien la valeur du lieu.

Pour en profiter pleinement

  • Vêtements chauds et imperméables, même en été austral : le temps change en minutes.
  • Jumelles fortement recommandées pour la faune et les cascades lointaines.
  • Lever tôt : l'entrée dans le premier fiord se fait souvent en début de matinée.
  • Pas d'escale à terre : aucune formalité, aucune excursion à réserver.

Au sortir de Dusky Sound, quand la houle de la mer de Tasman reprend ses droits, les ponts se vident peu à peu. Restent des cartes mémoire pleines et une impression tenace : celle d'avoir traversé un paysage resté tel que les premiers navigateurs l'ont trouvé, et que la Nouvelle-Zélande a eu la sagesse de ne jamais aménager.