Jan Mayen Island Arctic Norway
Norway

34 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Il existe des îles que même les grands voyageurs ne verront jamais. Jan Mayen appartient à cette catégorie. Perdue dans l'Atlantique Nord entre l'Islande et le Svalbard, cette possession norvégienne longue d'une cinquantaine de kilomètres n'accueille ni port, ni hôtel, ni population permanente autre que l'équipe d'une station météorologique. Seule une poignée de navires d'expédition s'en approchent chaque année, et leurs passagers rejoignent alors un cercle très restreint : celui des gens qui ont posé le pied sur l'une des terres les plus solitaires de l'hémisphère Nord.

Le Beerenberg, géant sous les nuages

L'île entière vit sous la présence du Beerenberg, volcan couvert de glaciers qui culmine à 2 277 mètres directement au-dessus de la mer. Il s'agit du volcan actif émergé le plus septentrional de la planète; sa dernière éruption remonte à 1985. Le sommet se cache souvent dans les nuages, et c'est justement ce qui rend l'approche fascinante : pendant des heures, le cône se devine, se voile, puis se découvre parfois d'un seul coup, immense, avec ses langues glaciaires qui descendent jusqu'à l'eau noire. Les photographes restent sur le pont, au cas où.

Un débarquement jamais garanti

Aucune infrastructure n'attend les visiteurs : les zodiacs visent le plus souvent Kvalrossbukta, la « baie des morses », une anse relativement abritée de la côte ouest bordée de sable volcanique sombre. La houle, le brouillard et les autorisations environnementales décident du programme, et les expéditions les mieux planifiées repartent parfois sans avoir accosté. Les compagnies le disent d'ailleurs clairement : Jan Mayen se tente, elle ne se réserve pas. Cette incertitude fait partie du contrat, et les passagers qui débarquent savourent leur chance à sa juste mesure.

Marcher sur une terre neuve

À terre, le décor tient du commencement du monde : plages de sable noir jonchées de bois flotté arrivé de Sibérie par les courants, coulées de lave figées sous la mousse, crêtes battues par le vent. Le sol volcanique, sombre et spongieux par endroits, garde longtemps la trace des pas : les guides imposent pour cette raison des itinéraires précis. Les marches proposées suivent des itinéraires simples, parfois jusqu'à un point de vue sur la station d'Olonkinbyen, où une vingtaine de techniciens et de météorologues norvégiens se relaient loin de tout. Les oiseaux marins nichent en nombre sur les caps, et les eaux riches qui entourent l'île attirent baleines et dauphins, souvent aperçus depuis le navire pendant l'approche.

Une histoire de chasseurs et de savants

Les baleiniers hollandais du XVIIe siècle furent les premiers à exploiter ces rivages, comme en témoignent encore quelques vestiges discrets dans les baies. Vinrent ensuite les trappeurs, puis les scientifiques, seuls occupants permanents depuis près d'un siècle. Marcher ici, c'est mettre ses pas dans très peu de pas : la nature n'a presque jamais eu à composer avec l'être humain, et cela se sent à chaque instant.

Ce qu'il faut savoir

  • Le débarquement dépend entièrement de la météo et de l'état de la mer; aucune compagnie ne peut le garantir.
  • Prévoyez bottes étanches pour les sorties en zodiac et plusieurs couches chaudes : le vent est constant.
  • L'île est protégée en réserve naturelle : on ne rapporte ni pierre, ni bois flotté, ni souvenir autre que ses photos.

L'île qui reste avec vous

Au moment du départ, le Beerenberg s'efface lentement dans la brume, et le navire retrouve la pleine mer pour un jour ou deux avant la prochaine terre. C'est souvent là, accoudé au bastingage, que l'on mesure ce qui vient de se passer : avoir vu, peut-être foulé, une île que la plupart des atlas mentionnent à peine. Jan Mayen n'offre rien à acheter et tout à ressentir, et c'est exactement pour cela qu'on la recherche.