Une presqu'île couverte d'arbres immenses, des bras de mer qui s'insinuent entre les quartiers, des îlots posés à quelques encablures du rivage : Madang a longtemps été surnommée la plus jolie ville du Pacifique, et l'arrivée par la mer explique d'emblée pourquoi. La Papouasie-Nouvelle-Guinée se présente ici sous son visage le plus doux.
Un quai en plein centre
Les navires accostent au port commercial, en plein cœur de la ville. Nul besoin de navette : à quelques centaines de mètres du quai commencent les rues du centre, et le Madang Resort, référence locale, se trouve à environ 500 m. Cette proximité change tout. Quelques précautions simples suffisent : un peu de monnaie locale, le kina, pour les achats aux étals, de l'eau, et l'habitude de demander avant de photographier les personnes. On descend, on marche, et la ville s'ouvre sans transition, avec ses étals, ses flamboyants et ses habitants qui saluent volontiers les passagers de passage.
La presqu'île aux jardins
Le centre occupe une langue de terre entourée d'eau, ponctuée de parcs et de plans d'eau intérieurs. La promenade la plus simple consiste à suivre le littoral, à l'ombre des grands arbres, en regardant passer les pirogues. Les points de vue se succèdent sur le lagon et les îles proches, et chaque détour révèle une scène de la vie quotidienne : une partie de pêche, un marché improvisé, des enfants qui plongent depuis les rochers.
Le phare des Coastwatchers
Face à la mer se dresse le mémorial le plus émouvant de la côte nord : le phare Kalibobo, un obélisque blanc coiffé d'un feu tournant, élevé à la mémoire des guetteurs côtiers de la Seconde Guerre mondiale. Ces hommes, restés derrière les lignes japonaises pour signaler les mouvements ennemis, ont payé un lourd tribut. Le monument sert encore d'amer aux navigateurs, si bien que leur mission, d'une certaine manière, se poursuit. Le soir, son faisceau balaie la côte comme un salut adressé aux navires de passage, le vôtre compris.
Cultures de la côte nord
Le musée local, modeste mais soigné, présente masques, monnaies traditionnelles et objets de navigation des peuples de la région, dont la variété culturelle compte parmi les plus grandes au monde. Le bureau culturel voisin renseigne sur les danses et démonstrations parfois organisées lors des escales, où tambours et parures transforment le front de mer en scène à ciel ouvert.
Les îlots du lagon
Depuis le rivage, on compte plusieurs îlots boisés posés sur l'eau calme, à quelques minutes de bateau seulement. Les sorties proposées pendant les escales permettent d'en approcher certains, de mouiller au-dessus des coraux ou simplement de longer les rives où les villageois cultivent leurs jardins face à la mer. Ces courtes navigations donnent la mesure du lieu : ici, l'eau n'est pas une frontière mais une rue, empruntée chaque jour par les pirogues à balancier qui filent d'une rive à l'autre. Emportez un chapeau et un maillot : la tentation de se baigner finit presque toujours par gagner.
La mer de Bismarck
Sous la surface, Madang défend une réputation solide auprès des plongeurs : récifs coralliens parmi les plus accessibles du Pacifique, eaux claires, vie marine foisonnante. Les excursions de plongée et de nage avec masque et tuba partent directement du port, et les fonds des environs recèlent aussi des épaves de la Seconde Guerre mondiale, terrain d'exploration prisé des plongeurs certifiés.
En fin de journée, depuis le pont, la ville se résume à une ligne d'arbres au-dessus de l'eau, percée par la silhouette blanche du phare. Madang ne cherche pas à impressionner. Elle laisse plutôt le sentiment d'avoir entrevu un Pacifique paisible et vivant, celui que l'on espérait sans oser y croire.