Des centaines de collines coniques, alignées jusqu'à l'horizon comme des meules posées par une main géante : les Chocolate Hills doivent leur nom à l'herbe qui les brunit à la saison sèche, et elles suffisent à placer Bohol sur la carte des Philippines. Des points de vue aménagés permettent d'embrasser l'ensemble du panorama, l'un des plus singuliers de l'archipel. Les navires accostent à Tagbilaran, la principale ville de l'île, et la journée s'organise comme un choix assumé : partir loin vers l'intérieur de l'île, ou composer une escale plus courte entre histoire, nature et rivages.
Mesurer les distances avant de choisir
Les attraits majeurs de Bohol s'étirent sur un vaste territoire, et le temps de route décide de tout. Les excursions organisées combinent généralement Chocolate Hills, tarsiers et déjeuner flottant en une journée bien remplie ; les voyageurs qui préfèrent l'improvisation trouveront taxis et fourgonnettes près du débarcadère.
| Attrait | Depuis le quai de Tagbilaran |
| Sanctuaire du pacte de sang | environ 10 minutes |
| Église de Baclayon | environ 20 minutes |
| Rivière Loboc | 24 km, 30 à 45 minutes |
| Chocolate Hills | excursion d'une demi-journée ou plus |
| Plages de Panglao | courte route depuis la ville |
Le tarsier, seigneur minuscule de la forêt
Sur la route de l'intérieur, un sanctuaire protège le tarsier des Philippines, primate d'une quinzaine de centimètres aux yeux démesurés, accroché aux branches basses dans la pénombre. On l'observe en silence, sans flash, sous l'œil des gardiens : l'animal, nocturne et fragile, dort le jour, et sa protection passe avant les photos. Le voir cligner lentement des paupières à quelques mètres reste, pour beaucoup, le moment fort de l'île, celui que l'on décrira le soir au souper.
La rivière Loboc, déjeuner au fil de l'eau
À une trentaine de kilomètres de Tagbilaran, la rivière Loboc coule vert jade entre des murs de cocotiers. Des embarcations à fond plat y servent un repas pendant une navigation d'une petite heure, bercée par des musiciens locaux ; on glisse entre les palmes, salué par les enfants des berges qui plongent depuis les racines. La formule est rodée, assurément, mais le cadre emporte l'adhésion, et le retour se fait toujours plus silencieux que l'aller.
Un pacte scellé dans le sang
L'histoire de Bohol se raconte à dix minutes du quai. Face à la mer, un groupe de bronze grandeur nature signé du sculpteur Napoleon Abueva commémore le sandugo de 1565 : le pacte de sang scellé entre l'explorateur espagnol Miguel López de Legazpi et le chef local Datu Sikatuna, chacun buvant quelques gouttes du sang de l'autre en gage d'amitié. Un peu plus loin sur la côte, la vieille église de pierre de Baclayon, l'une des plus anciennes du pays, aligne ses murs patinés et son petit musée d'objets religieux ; la fraîcheur de la nef, après la chaleur du dehors, invite à s'attarder un long moment de plus que prévu, dans une pénombre qui sent la cire et la pierre.
Panglao, la parenthèse de sable
Reliée à Tagbilaran par des ponts, l'île de Panglao borde des eaux limpides où alternent sable blanc et récifs. C'est l'option détente de l'escale : baignade, masque et tuba sur les récifs proches du bord, jus de mangue à l'ombre d'un parasol de palmes. Ceux qui reviennent de l'intérieur peuvent s'y accorder une heure avant de regagner le navire, le temps de trier leurs photos devant la mer.
L'île qu'on n'a pas finie
Bohol ne se laisse pas épuiser en une journée : il faudrait des jours pour ses grottes, ses récifs et ses villages. L'escale en livre l'essentiel, collines irréelles, primate minuscule, pacte fondateur, et laisse le reste en promesse. On regagne le bord avec la sensation d'avoir feuilleté un livre dont on voudra lire les chapitres manquants.