Moscow Russia
Russia

L'arrivée se fait par le canal de Moscou, et le premier monument de la capitale russe est le terminal lui-même. Construit en 1937 et entièrement restauré, le Terminal fluvial du Nord dresse sa longue façade blanche en forme de paquebot, coiffée d'une flèche élancée, au bord du bassin de Khimki. Les Soviétiques l'avaient conçu comme la vitrine du « port des cinq mers », cette idée que Moscou, par ses canaux, touche à la Baltique comme à la mer Noire. Le bâtiment, classé, se visite comme un musée d'architecture : salles restaurées, terrasse panoramique sur le toit, et un parc à fontaines qui descend doucement vers les quais.

De là, le centre-ville se rejoint sans peine : la station de métro Retchnoï Vokzal se trouve à une dizaine de minutes à pied, et sa ligne file directement vers le cœur historique en une trentaine de minutes.

La place Rouge et le Kremlin

Aucune photographie ne prépare vraiment à l'échelle du lieu. La place Rouge s'ouvre d'un côté sur les coupoles torsadées de Saint-Basile, de l'autre sur les murailles de brique du Kremlin et la façade du grand magasin GOUM, illuminée le soir comme un décor de théâtre. À l'intérieur, les verrières de fer et de verre du XIXe siècle couvrent trois allées marchandes où l'on vient autant regarder que dépenser. La citadelle elle-même se visite : cathédrales aux fresques dorées, canons historiques, jardins soignés. Prévoyez les billets à l'avance et une bonne demi-journée pour l'ensemble, contrôles de sécurité compris. Les distances trompent l'œil dans cette capitale démesurée : mieux vaut le métro que le taxi aux heures d'affluence, et de bonnes chaussures partout.

Zariadié et les bords de la Moskova

À deux pas de la place Rouge, le parc Zariadié superpose collines artificielles, végétation des différentes régions russes et salles de spectacle enterrées. Sa passerelle en V au-dessus de la Moskova offre l'un des panoramas les plus photographiés de la capitale, avec le Kremlin d'un côté et les tours staliniennes de l'autre. Les quais réaménagés invitent ensuite à marcher jusqu'à la cathédrale du Christ-Sauveur, dont le dôme doré se repère de loin. Les vedettes fluviales qui sillonnent la rivière prolongent agréablement la promenade : une heure sur l'eau suffit pour saisir la démesure de la ville.

Le métro, musée souterrain

Le trajet vers le centre est déjà une visite. Plusieurs stations du réseau moscovite, lustres, mosaïques, marbres, bronzes, furent conçues comme des palais du peuple sous Staline. Komsomolskaïa, Maïakovskaïa ou Plochtchad Revolioutsii, avec ses statues de bronze dont les Moscovites frottent le chien porte-bonheur, méritent chacune un arrêt. Le passage se paie par carte sans contact, et les rames passent aux deux minutes.

Arbat, Tretiakov et les quartiers

S'il reste du temps, la rue Arbat déroule ses musiciens ambulants, ses librairies et ses cafés dans un ancien quartier d'artistes, et la façade à colonnes du théâtre Bolchoï s'admire à deux stations de là, même sans billet de ballet. Les amateurs de peinture traverseront la rivière vers la galerie Tretiakov, qui rassemble les icônes médiévales et les grands maîtres russes. Chaque quartier du centre a conservé son caractère, et se perdre dans les ruelles autour des boulevards fait partie des plaisirs de l'escale.

Le soir, le métro ramène les passagers vers le nord, et le terminal blanc rallume sa flèche au-dessus du bassin. Une journée à Moscou ne fait qu'effleurer la ville, chacun le sait en remontant la passerelle. Mais peu de capitales laissent une impression aussi nette : celle d'une puissance qui se donne à voir, jusque sous terre, dans ses stations-palais.