Marcher compte parmi les plaisirs d'Apia : depuis le quai de Matautu, une digue longe la baie jusqu'au centre, et le trajet d'un kilomètre et demi offre un résumé de Samoa, autobus de bois peints de couleurs vives, églises blanches, écoliers en uniforme qui saluent de la main. La capitale samoane, sur l'île d'Upolu, reste une petite ville de bord de mer où tout le monde semble se connaître, et l'escale y prend naturellement un rythme insulaire.
La maison de Tusitala
En 1890, Robert Louis Stevenson, l'auteur de L'Île au trésor, choisit Upolu pour y passer les dernières années de sa vie. Sa demeure de Vailima, à un quart d'heure du centre, est devenue un musée attachant : parquets cirés, cheminée écossaise incongrue sous les tropiques, souvenirs de l'écrivain que les Samoans avaient adopté sous le nom de Tusitala, le conteur d'histoires. Les guides racontent la ferveur avec laquelle les chefs locaux portèrent son cercueil au sommet du mont Vaea, où sa tombe domine l'océan; les marcheurs peuvent gravir le sentier, en comptant trois quarts d'heure et de bonnes chaussures.
Beach Road, la fanfare et la cathédrale
Le long de Beach Road, la tour de l'horloge sert de rond-point et de repère à toute la capitale, et la cathédrale de l'Immaculée-Conception, reconstruite en 2014, surprend par ses voûtes de bois sculpté aux motifs polynésiens. En semaine, au petit matin, la fanfare de la police descend l'avenue en uniforme immaculé pour la cérémonie du drapeau : les lève-tôt du navire en parlent ensuite toute la journée.
Marchés, kava et couronnes de fleurs
Au marché Fugalei, les étals débordent de taros, de cocos, de couronnes de fleurs et d'étoffes imprimées; on y goûte le koko Samoa, un cacao local épais et corsé que les familles préparent encore à la maison, et l'on observe les cérémonies discrètes autour du kava, boisson racinaire partagée selon un ordre précis. Le marché aux poissons, tôt le matin, montre thons et perroquets de mer à même la glace. Partout, la même douceur d'accueil : le fa'a Samoa, la manière samoane, place l'hospitalité au rang de devoir sacré.
Nager dans un cratère
Les environs d'Apia offrent des baignades peu banales. À deux pas du port, la réserve marine de Palolo Deep cache un trou bleu où le récif tombe brusquement dans un jardin de coraux. Sur la côte sud, à environ 45 minutes de route, la fosse océanique de To Sua laisse sans voix : un puits de trente mètres aux parois tapissées de verdure, relié à la mer par un tunnel, où l'on descend par une échelle de bois pour nager dans une eau d'un bleu profond. Les cascades de Papapapaitai, parmi les plus hautes du pays, et les rochers glissants de Papaseea complètent la liste des sorties fraîches, à combiner selon le temps d'escale.
Repères pour l'escale
| Aspect | Détail |
| Accostage | Quai de Matautu; centre à 1,5 kilomètre par la digue, taxis nombreux |
| Musée Stevenson | Vailima, à 15 minutes; jardins et visite guidée |
| To Sua | Environ 45 minutes de route; baignade par échelle, prévoir maillot et serviette |
| Monnaie | Tala samoan; argent comptant utile aux marchés |
| Bon à savoir | Le dimanche, presque tout ferme; tenue couvrante appréciée dans les villages |
Vers la fin du jour, les cloches des églises répondent aux conques des pêcheurs, et l'on mesure ce que Stevenson avait compris avant tout le monde : il y a ici une façon de vivre qui repose le cœur. On remonte la passerelle en se promettant de relire ses livres pendant qu'Upolu s'efface doucement dans le soir.